lundi, février 13, 2012

Le roi est mort, vive le roi!

L’existence d’Accent Grave tire à sa fin, vous lisez son dernier billet. Ce blogue disparaitra à la fin du mois. Saviez-vous qu’il y a d’autres « Accent Grave » sur le WEB? On se croit seul mais on ne l’est pas.

Suffit de créer une adresse courriel pour comprendre. Les appellations que l’on croit originales furent adoptées par d’autres! Il y a quelques jours, un cousin de Montpelier m’a contacté. En 2001, ce français a déposé la marque (propriété intellectuelle) de son entreprise qui se spécialise dans le traitement des mots. Cette marque ressemble au nom de mon blogue. Pour éviter la confusion à ses clients, le cousin m’a demandé de modifier l’appellation de mon blogue. Ce que j’ai accepté de faire sans sourciller, pour diverses raisons.

J’ai procédé à quelques vérifications mais l’aspect légal était secondaire. Mon « homonyme » avait fait des efforts pour protéger sa marque et il s’agit de son gagne-pain. De mon côté, changer le nom de mon blogue n’a pas une grande incidence sur ma vie. De plus, je devais adapter mon blogue aux nouveaux fureteurs, Blogger ne me permettait plus de changer plusieurs choses avec mes outils désuets! Tant qu'à faire, aussi bien déménager, le cœur léger.

Je ne suis pas le plus actif sur le WEB. Je souhaite tout de même conserver un espace sur la toile et la formule du blogue me plait, c’est un refuge, un lieu d’échanges. J’ai donc créé un autre espace, adopté une nouvelle identité. Ce n’est rien de très original, c’est modeste, je ne m’attarde pas beaucoup à l’esthétique, mes talents étant limités en ce domaine. Je continuerai à visiter vos blogues, sous un autre sobriquet, accompagné d’une nouvelle vignette. Mes mots seront les semblables aux anciens, avec quelques variantes, vous me reconnaitrez!

L’adresse de mon nouveau blogue est celle-ci : http://grand-langue.blogspot.com/

A+

Accent Grave

samedi, février 04, 2012

Crime CONTRE la réussite

Le crime d’honneur n’existe pas. C’est une invention absurde, quelque chose pour nous rassurer, pour nous faire croire qu’on ne peut y succomber. Serions-nous sans honneur? Ou peut-être que ce crime a déjà existé chez nous (et existera-t-il toujours), mais on le nommait autrement. Ce crime adopte diverses formes, ne se limite pas à une seule religion, c'est propre à TOUTES les religions. Ainsi, toutes les sociétés sont affligées de ce mal.

D’autres voudraient appeler ça un « crime de la honte ». Moi je nommerais l’affaire : le « crime de l’échec » ou mieux, le « crime CONTRE la réussite ». Parler de « crime d’honneur » équivaut à gifler les pères qui souhaitent une vie heureuse pleine et entière à leur fille, à leurs enfants. Contrôler la sexualité de nos enfants, contrôler leurs relations au point de renier la société dans laquelle nous vivons, contrôler les pensées, les rêves, les ambitions de nos enfants, c’est ça la honte. Ne pas réussir à tout contrôler cela, c’est pour eux un échec mais à mes yeux, c’est une réussite et à bout d’efforts vains, s’il faut tuer, battre, humilier, châtier, exclure ou renier son enfant, je nommerai ça un « crime CONTRE la réussite ».

Nous avons entendu parler de cela dernièrement. Néanmoins, nous avons peu causé des autres sociétés qui agissent de façon semblable, des autres circonstances comparables qui nous sont plus proches. Des castrateurs et des castratrices, il en pleut, dans toutes les sociétés, incluant bien sûr la nôtre. Que l’on soit capable un seul instant d’envisager que dans l’esprit d’un « étranger » l’assassinat de sa fille puisse avoir été « justifié » par l’honneur devrait donner à réfléchir. On ne devrait même pas envisager la chose possible, mais on le fait. On répètera à satiété que dans certaines cultures, on voit la chose ainsi. Du coup, nous évacuons la possibilité que la même chose se produise ici, chez nous, avec une couleur locale.

En faisant porter le blâme de l’ignoble meurtre de ses enfants au simple fait que d’autres sociétés puissent voir la chose autrement, on renie une réalité locale et universelle, celle d’abuser du pouvoir que l’on a sur nos enfants, d’abuser de leur sexualité, de leur innocence, de les opposer à une force physique supérieure, de leur imposer une religion, de leur imposer l’ignorance (on ne le dit pas assez) et j’oserais même dire l’insignifiance (par le silence), d’étouffer leurs rêves pourtant légitimes, leurs rêves de toutes natures, leur intention d’emprunter un chemin autre que celui des parents.

Vous me direz qu’il ne faut pas pousser! Le suicide d’un jeune qui ne peut avouer son homosexualité à ses parents n’est-il pas aussi dramatique? C’est commun dans les sociétés dites modernes. Quel est notre problème avec ça? Le jeune qui se voit exclut de la famille parce qu’il refuse de croire aux mêmes contes et légendes religieux que les autres, c’est un drame ça aussi et ça mène souvent à l’isolation, à la dépression, à la mort. Le jeune qui ne vit pas en fonction des mêmes « valeurs » que ses parents et qui est considéré comme un mouton noir ce n’est pas très fort non plus. L’exclusion est une forme condamnation, une mort annoncée, un « crime CONTRE la réussite ». En ce sens, quand on me dira : « dans notre famille, nous avons de très bonnes valeurs, nous tenterons de les transmettre à nos enfants », je n'acquiescerai pas de la tête. Nous avons tous entendu ces mots, à maintes reprises. Les enfants de Shaffia, ceux qui sont morts, n’ont pas su adopter les bonnes valeurs, ils avaient découvert autre chose, ils en sont morts. Je sais, vos valeurs sont meilleures que celles de Shafia, je sais. Nos valeurs sont toujours les bonnes.

J’y reviens, qu’est-ce que je dirai si on me dit : « dans notre famille… blablabla… nous tenons à nos valeurs »? C’est embêtant ça. Je ne dirai rien mais je penserai : Avez-vous des enfants qui n’ont pas les mêmes valeurs? Ça m’intéresse.

Suite au drame qui vient de se produire chez nous, plusieurs croiront que la condamnation à vie constituera une leçon pour bien des gens. Il y a un revers, plusieurs croiront que les drames impunis ne sont pas des crimes. Profitons au moins du triste évènement pour y réfléchir un peu.

Accent Grave

vendredi, décembre 30, 2011

Je ne crois pas à ce scandale

Je n’y crois pas

Drôle d’affaire que ce « scandale » concernant le nouvel entraineur unilingue anglophone du Canadien de Montréal. Premièrement, est-ce le peuple ou quelques journaleux sportifs qui se scandalisent de la chose? Je doute qu’un peuple réputé pour accepter le sourire aux lèvres des coups de pied au cul puisse se scandaliser d’une affaire semblable!

Un club sportif privé ayant toujours été la propriété d’anglo-saxons et ayant toujours méprisé son public francophone embauche un instructeur qui ne parle pas français. Quoi de neuf madame la marquise? Seuls les Expos ont su mépriser le public local un peu plus. Revenons au hockey. Au fil des générations québécoises ayant fait de ce club leur icône (j’ignore pourquoi), plus on se moque d’eux, plus ils achètent des billets et de multiples babioles (pyjamas, draps, réveils-matin, fanions, maillots… etc). Voilà que le bon fan n’accepterait pas le nouvel entraineur! Quelle mouche l’a piqué? Ces dernières années, on aurait peu à peu retiré les francophones de service jusqu’à ce qu’il n’y en ait presque plus, même chose pour les joueurs. Bien pire, le club perd. Dans le passé le bon peuple a eu des Maurice Richard et Guy Lafleur. S’agissait pas de grosses têtes mais ils comptaient des buts et avaient un nom francophone. Les proprios savaient ce qu’il fallait donner aux fans pour les garder heureux et soumis. Du pain et des jeux. Un élément manque, il n’y a plus de jeux! C’est seulement ça le problème. Suffirait de gagner quelques joutes pour que les fans aillent s’égosiller à la basilique Bell.

Le dernier des Molson, Jeffrey de son prénom, a cru qu’il n’avait plus à embaucher des francophones de service, probablement parce que le visage de Montréal est redevenu « cosmopolite », c'est-à-dire, anglophone, que la langue du marché du travail est redevenue l’anglais, que l’identité québécoise est une chose de peu de valeur, que le mot « indépendance » est aussi malvenu qu’une maladie vénérienne et que les québécois, aussi nombreux puissent-ils être, quand ils se retrouvent en présence d’un seul allophone, se mettent à baragouiner en anglais. Pourquoi blâmer Molson d’éviter la désagréable présence de francophones dans son entourage?

Il n’a oublié qu’une chose, il faut des jeux, il faut gagner un peu plus souvent qu’à son tour, c’est l’unique critère à respecter.

Plusieurs naïfs affirment que le manque de joueurs francophones constitue la goutte de trop, celle qu’on lèche autour du verre de bière. Ceci fut dit pour draper la chose d’une action nationaliste. Je m’étouffe là! Non, ce curieux mouvement populaire découle de la frustration des amateurs de ce club qui ne gagne pas, c’est tout. C’est la seule explication possible. Un peuple qui vient d’élire des députés qui ne parlent pas leur langue (à inscrire dans les anales mondiales) ne peut logiquement s’opposer à un instructeur sportif anglophone! Ça ne ferait pas de sens. Toutefois, si l’équipe ne gagne pas, tous les prétextes seront bons pour fracasser les vitrines de la rue Ste-Catherine. Ça fait un bout de temps qu’on n’a pas fait de casse. Remporter une coupe Stanley risque de prendre du temps! L’histoire nous apprend que ceux qui font les révolutions, ceux qui descendent dans la rue ne sont pas les intellectuels. Ce sont les voyous. On a brulé des voitures quand Maurice Richard fut suspendu. On a dit que Richard incarnait le peuple québécois. Maurice Richard ne le savait pas! Il ne l’a jamais su le pauvre! C’est après le fait qu’on a commencé à dire ça, comme pour se donner une image respectable.

Se pourrait-il que le profond mépris qu’exercent les québécois envers eux-mêmes puisse s’exprimer par la révolte de sportifs frustrés? J’en doute, comme je n’ai jamais cru à cette histoire de Maurice Richard. Pauvre Maurice! Chose certaine, au nom de la paix sociale, Molson devra embaucher un peu plus de francophones au sein de son organisation et surtout il devra offrir des jeux, il devra gagner! C’est l’establishment qui lui demande de faire ça.

Un peuple soumis et heureux n’a besoin que de jeux… et de pain.

Accent grave

dimanche, décembre 11, 2011

Faut s'adapter, pas le choix!

Bref échange avec un libraire de ma ville :

- Je constate que vous avez augmenté la superficie de la librairie mais que les livres ne sont pas plus nombreux.

- La section des livres reste la même, nous offrons plus de cadeaux, d’articles de décorations.

- Mais, il s’agit d’une librairie…

- De plus en plus de gens nous contactent par Internet pour demander des livres que nous commandons et recevons en moins de dix jours. La marge de profit est plus intéressante sur les autres articles.

- Ne craignez-vous pas que ces gens commandent les livres directement des distributeurs sur Internet? Pourquoi passer par vous?

- Parce qu’ils tiennent à ce que leur librairie survivre (sic).

- Vous agrandissez et n’ajoutez pas un seul livre. Et vous, tenez-vous à vos clients lecteurs? Le plaisir de bouquiner, c’est de tenir un livre dans ses mains, d’en lire un extrait… etc. Vous n’offrez plus ce plaisir aux clients mais vous prenez un profit sur les livres au passage. À ce compte, j’achèterai mes livres autrement.


Dans le domaine culturel, j’ai réalisé que les articles de musique, les instruments, les accessoires et feuilles de musique se vendent à un prix allant jusqu’au quadruple comparativement à ce qui se trouve sur le WEB. Je faisais remarquer à un commerçant bien connu dans le domaine musical que l’embouchure pour cornet que je convoitais se vendait 200$ (tous frais inclus) alors que sur le WEB je pouvais l’obtenir pour 85$ (tous frais inclus). Il m’a dit qu’il ne pouvait battre les prix du WEB, que leur pouvoir d’achat est trop gros. J’ai répondu que ce prix en apparence avantageux provenait d’un magasin de musique comme le sien, situé à Toronto! Je sais que le commerçant ne paiera que 50$ au manufacturier. J’ai acheté l’objet via le WEB et cinq jours plus tard il m’était livré.


L’achat en ligne se pratique dans tous les secteurs. Dans le domaine culturel, j’évitais la chose. Aujourd’hui je constate que les commerçants exagèrent, qu’ils ne compensent pas par un meilleur service. À mes yeux, ces commerces sont voués à fermer. Cela m’attriste mais pas autant que ça me choque quand on se moque de moi. Y’a des commerces où je me considérais comme un partenaire tellement nos liens étaient étroits mais en apprenant que la marge de profit est souvent de 100, 200 et même 300%, je serais bête de leur donner mon fric.


Ainsi, quand je ne trouve pas un livre chez les bouquinistes, pourquoi en commander un à la librairie alors que le WEB me l’offre (d’occasion et en bon état), beaucoup moins cher? Pour faire vivre une librairie qui ne veut pas de livres sur ses tablettes? Pourquoi me rendre à Montréal, chez Archambault pour commander de la musique écrite, payer de l’essence, mettre des $ dans un parcomètre et refaire la même chose pour aller chercher lesdites feuilles à un prix trop élevé alors que je peux tout faire de mon salon et recevoir le tout à la maison.


Cela m’attriste un peu. On ne peut tout faire à distance, il faut des lieux physiques, des références. Il faut pouvoir toucher aux objets, les voir, les essayer. En même temps, on ne peut se ruiner à payer des intermédiaires inutiles. Notre économie est sclérosée par ces derniers. La cupidité ne rapporte jamais à long terme.


Je devrai donc toujours me méfier, je ferai la part des choses.


Accent Grave

samedi, novembre 19, 2011

Les Maux d'une Langue

Il y a quelques années, je me rendais régulièrement dans un quartier particulier : le Plateau. Je parle du Plateau originel, pas celui qu’on connait aujourd’hui. Les commerces d’aujourd’hui n’ont aucun rapport avec ceux de l’époque. Malheureusement, Radio-Canada a un jour débarqué au Porté Disparu qui a aussitôt disparu. Tant qu’à tout dénaturer, autant fermer, ou mieux : vendre à gros prix à un anglophone, un Libanais anglophone (j’ignorais que ça existait). Il a foutu le bordel pour ensuite fermer la baraque. Pas grave, entretemps il avait obtenu sa citoyenneté. Dès que l’attrait du Plateau fut connu, les gros sous arrivèrent, achetèrent tout, imposèrent leurs mœurs. C’est ça la gentrification. C’est un mot anglais que nos sociologues emploient à satiété. Ça vient de «gentry», petite noblesse. Je pourrais parler d’embourgeoisement, mais les mots français, dans l’esprit de plus en plus de gens, ne valent pas leurs équivalents anglais.

Les habitants, devant la hausse des prix du logement, levèrent les feutres. Bref, à coup de centaines de milliers de dollars, les bien nantis, attirés par l’originalité et l’authenticité du Plateau, ont eux-mêmes détruit ce qui faisait du Plateau ce qu’il était. Maintenant, c’est autre chose. L’humain est ainsi fait. Attiré par une jolie forêt, il abattra les arbres pour y construire sa demeure, celles de ses enfants et celles de ses amis. Ensuite ils parleront d’une forêt mythique qui existait sans qu’on se souvienne exactement où elle était.

Aujourd’hui, c’est au tour des anglophones (j’inclus les allophones qui s’estiment eux-mêmes anglophones) d’être attirés par le Plateau. Au début, ils s’adressaient aux locaux en français, mais ont vite constaté que ce n’était pas nécessaire, qu’on leur répondait avec enthousiasme dans leur langue, ils ne font plus cet effort, reviennent avec leurs amis pour vivre leur « montréalité » de l’autre côté de St-Laurent. D’ailleurs, les commerçants n’embauchent plus des employés unilingues, à moins qu’ils ne soient anglophones. Je constate la même chose qui se passe sur la rue St-Denis, dans le Quartier Latin, chez Archambault Musique… etc. Encore une fois, ceux qui investissent des lieux authentiques banalisent ces endroits.

Alors pensez-vous, je ne suis pas surpris d’apprendre que celui qui gère nos fonds de retraite ne parle qu'anglais. Je ris en voyant ces gens se choquer de la chose, ceux-là mêmes qui rampent devant le « fait anglais». Imaginez quand le Plateau sera envahi par les Torontois venus en TGV pour visiter ce lieu mythique. Ils regarderont les noms de rues en français et diront « This is so cute! ».


Des mots écrits

Je suis allé au Salon du livre. J’y vais rarement, car tout ce qu’on peut faire avec un livre c’est de le lire et vous vous doutez qu’au salon du livre, on ne lit pas, on regarde les couvertures. Erreur, on peut faire plus, on marche, on observe Georges Laraque qui signe ses livres à de jeunes adolescentes toutes rouges, on repère Denise Bombardier, seule dans son coin et Michèle Richard racontant des menteries à je ne sais qui.

Moi je cherchais quelqu’un ayant publié un « témoignage ». Son éditeur est tellement modeste que son présentoir affichait : « Association des éditeurs indépendants ». Après plus d’une heure de recherche, j’ai trouvé l’emplacement et l’auteure, une connaissance, était là. J’étais son premier lecteur à acheter son livre. Elle m’a dit que je lui porterais chance. Pas certain! Je doute qu’elle vende plus de quelques dizaines d’exemplaires. Comment un éditeur aussi peu connu peut-il « placer » les livres de ses auteurs sur les tablettes des libraires, à bonne hauteur? Plusieurs écrivains en herbe croient que la mission est remplie dès que le livre est publié. Rien n’est plus faux. Il faut le vendre ce livre. Pas facile ça! Après avoir fait le tour de la parenté et des amis, qui voudrait bien dépenser 25$ pour un petit livre? On peut en acheter tant qu’on veut pour une fraction du prix chez les bouquinistes. On peut les emprunter à la bibliothèque, à des "amis", à ce sujet, un conseil: ne prêtez pas vos livres, ils ne reviennent pas. De toute façon, il n’y a que les dinosaures qui lisent, les autres twittent, pitonnent, textoient, bloguent, forument, facebookent… etc. En me rendant au Salon du livre, j’ai croisé tellement de gens occupés à texter ou Iphoner qu’on aurait dit des autistes technologiques! Chacun était dans sa bulle. En même temps, il y a foule au Salon du livre… Où sont ces gens quand vient le temps de protéger leur langue? Où sont ces gens quand vient le temps de parler leur langue? Vivent-ils sous terre?

Il y a tant de gens qui publient, c’est étourdissant. On m’a déjà dit que sur Terre, il se publiait 5000 nouveaux titres par jour! 25,000 au bout de la semaine, 1,825,000 à chaque année et pour contrebalancer, j’ai parlé à un imprimeur qui publie des livres à l’unité. Il m’a montré quelques produits finis, très impressionnant (sans jeu de mots). Cette entreprise, http://www.bouquinplus.com/ publie des livres à la demande à un prix très raisonnable. Ça vaut la peine de visiter leur site. Plutôt qu’imprimer 500 ou 2000 exemplaires d’un livre que personne n’achètera, vaut mieux n’en publier un seul et l’offrir à quelqu’un ou mieux, le léguer à sa mort et faire de ce legs une lecture obligatoire avant de toucher au reste de l'héritage! L’idée est bonne.

J’aurais d’autres bêtises à écrire, mais je dois ramasser des feuilles, des vraies. Je vous laisse.

Accent Grave

dimanche, octobre 16, 2011

Indignomètre

Je n’ai pas l’indignation facile, malgré tout, certaines choses devraient être déclarées indignes. Notez que je ne me déplacerais pas sous la pluie pour afficher cette indignation. Vous non plus d’ailleurs, hier à Montréal, moins de mille personnes s'indignaient. Les autres se baladaient sur le WEB, s’amusaient sur tweeter, magasinaient chez Wal-Mart ou travaillaient au noir. Bref, nous manifestions par procuration.

Manifester pourquoi? À travers le Monde? En cherchant bien, chacun trouvera une raison. À quoi ça sert de manifester ainsi, pour milles raisons, un peu partout? Ça sert de thérapie collective, ça rassemble les indignés, ça donne l’impression d’avoir un job : celui de représenter 99% de la population qui s’indigne à un moment ou un autre. Manifester, c'est bien.

Je ne méprise pas l’initiative, je me réjouis de la naissance de ce mouvement. Un jour j’espère assister à l’expression d’un vaste mouvement. Mondialement, nous partageons plusieurs indignations: le non respect des droits de l’Homme (inégalités sociales, discriminations), l’évasion fiscale systématique chez le 1%, la corruption généralisée, le comportement des banquiers, celui des pétrolières, le vol des ressources naturelles et bien sûr l’iniquité quant au partage des biens et des connaissances (ce qu’on appelle la richesse). Et puis il y a les indignations locales : exploitation des gaz de schiste près de chez moi, les escrocs qui s’enfuient avec votre fonds de retraite et qui ne sont pas punis, les autochtones qu’on se prépare à rouler dans le cadre du Plan Nord, les routes et les ponts mal construits… etc.

Ici, le niveau d’indignation n’est pas hors contrôle car l’économie se porte bien. Les sujets spécifiés ci-haut, bien que réels, ne nous feront pas trop suer tant qu’on mangera à satiété, qu’on s’habillera et qu’on dépensera quelque peu. Ce n’est plus le cas aux USA et ailleurs en Occident. Le mouvement est-il Mondial ou Occidental? S’indigne-t-on en Chine, au Brésil, au Mexique, aux Indes, en Russie, en Afghanistan, au Burundi? Ce mouvement, s’il s’agit de cela, ne concernerait-il que les « masses » près de chez vous? Je l’ignore, trop tôt pour le dire. Comme me le disait un ami, faudrait peut-être pas partager avec tout le monde, on risque de s’appauvrir encore plus. Ne faites les vierges offensées, je connais l’Homme-masse!

Je me méfie des masses. Il existe un extraordinaire traité sur le sujet. Il fut écrit en Espagne, vers 1929. On jurerait qu’il fut écrit hier, preuve que le texte est bon. Son titre? La Révolte des Masses. NRH s’y réfère dans son dernier numéro. L’auteur est Ortega y Gasset. Voici un extrait :

L’Homme des masses n’est pas l’Homme du sens commun, c’est un être plein de fatuité qui ressent toute forme de hiérarchie comme une agression à l’égard de lui-même. Généralement insouciant du moindre devoir, il est très tatillon quant à ses droits.

L’Homme masse n’est pas un sot, il a une grande capacité intellectuelle, mais ses aptitudes ne lui servent à rien. En fait, le vague sentiment de les posséder ne lui sert qu’à se replier sur lui-même et à ne pas en user.

Ça me rappelle une chanson de Renaud : Socialiste. Le manifestant avait rencontré son alter égo lors d'une manif pacifiste; une institutrice socialiste pacifiste féministe protestante qui a dû le quitter pendant la manif, craignant de se faire piquer sa mobylette laissée à la gare!

Je me méfie de l’Homme-masse qui s’indignera seulement lorsque le malheur le frappera personnellement, qui redeviendra le plus conformiste des citoyens dès qu’on lui procurera un peu de fric, du bien être matériel ou un job. Il faut s’indigner avec dignité, en tout temps, en toute circonstance. Bien que plutôt rare, ça existe ce genre d'indigné. Inutile de tout casser, il faut bâtir, réparer, répartir, respecter. Pour respecter les autres il faut se respecter, bien vivre, garder l’œil ouvert et quand il le faut, manifester un brin, c’est bon pour la santé.

Accent Grave

vendredi, octobre 07, 2011

Pont Payant

Le pont Champlain sera enfin payant!

Je rêvais depuis longtemps d'être payé pour emprunter ce pont!

Accent Grave

dimanche, octobre 02, 2011

Avocasserie

Les avocats de la cour, aussi appelés procureurs de la Couronne (Steven Harper aime cette expression) ne viennent pas d’obtenir plus de fric grâce à une augmentation salariale substantielle, ils viennent de rendre la profession plus attrayante. Voilà comment ils résument l’entente. Eux aussi nous prennent pour des idiots.

Cette simple façon de dire les choses, où personne n’est dupe, me rappelle que si un jour je me retrouve devant un juge, vaut mieux payer un bon avocat ou de ne pas en avoir que d’être représenté par un « procureur de la couronne », même bien payé.

Accent Grave

mardi, septembre 06, 2011

Autres Détails

Mon frigo ayant rendu l’âme, j’en ai acheté un autre. J’ai surveillé les rabais, les divers modèles et les prix. Je déteste les gadgets mais j’apprécie la qualité. Nul besoin qu’il fabrique de la glace, qu’une télé ou un ordinateur soit intégré à la porte. La bête devait simplement être bien construite, silencieuse et surtout, durable. Faut payer un peu mais en magasinant un peu on trouve.

Saviez-vous que malgré le nombre impressionnant d’émissions de cuisine, y’a moins de gens qui cuisinent et on achète de plus en plus de plats pré-cuisinés? Ce que vous savez cependant c’est que les grosses familles sont rares aujourd’hui, que les logements et les maisons comptant une ou deux personnes, c’est courant. En deux mots, il y a moins de monde dans les logis, on cuisine moins et faut épargner l’énergie. Malgré tout, pour la troisième fois de ma vie, j'ai dû agrandir le trou prévu pour le frigo, sinon ça entre pas. Les électroménagers, à l’image de l’humanité et contre toute logique, ça prend de l’expansion avec le temps.

Je n’ai pas acheté un monstre. J’ai cherché le plus petit frigo existant dont le congélateur est en bas. Évidemment, tous les frigos devraient avoir le congélateur en bas puisque l’air chaud, plus léger que l’air froid, à tendance à monter. De plus, les petits frigos pour personnes seules, parfois âgées devraient avoir un congélateur en bas, ne serait-ce que pour ménager le dos. Non, si vous ne voulez pas de congélateurs dans le haut, les frigos seront plus costauds et ont un volume de storage moindre!

Voilà à quoi j’ai réfléchi aujourd’hui, une autre incohérence. De plus, je devrai bientôt remplacer ma laveuse et ma sécheuse. Ma sécheuse ne fonctionne plus depuis deux ans, j’ai un fil à linge, ça fait le travail. Sauf que ma laveuse n’en n’a plus pour longtemps et cet hiver je n’irai pas frotter mes fringues dans le Richelieu. J’aurai peut-être un autre problème : vous avez vu la grosseur de ces appareils? Vous avez vu leur prix? L'autre jour j'étais confortablement installé sur le trône d'un beau frère. Tout en lisant le Reader Digest (j'appelle ça les Lectures Indigestes du Lecteur) j'ai jeté un oeil sur ses nouvelles laveuse et sécheuse. Wow, de gros morceaux! Un panneau de contrôle digne de la navette spatiale et la hauteur de ces machines me rappelait l'Orgasme-O-Tron de Woody Allen dans un de ses films! On peut toujours s'instruire dans la vie, en toute circonstance

Non, je me procurerai des appareils au style modeste, conventionnel.

Que dire des pubs à ce sujet? Pourquoi doit-on toujours acheter laveuse et sécheuse ensemble, de la même marque? Ça vit en couple ces choses-là? Si on les sépare, faut s’attendre à une dépression? Même chose pour le frigo et la cuisinière. Quel rapport y a-t-il entre ces deux là? Du moment qu’ils sont de la même couleur, ça suffit pas? Quand les gens viennent chez moi, personne ne cherche à savoir si mon frigo est orphelin ou en deuil de sa cuisinière, personne ne s’intéresse aux marques de mes appareils. Entre nous, je suspecte que l’on veuille nous vendre deux apareils quand un seul des deux ne fonctionne plus.

On ne s’attarde pas assez à ces détails!

Accent Grave

lundi, septembre 05, 2011

Disconvenance

Ce matin, en ouvrant l’ordinateur, la Une de Cyberpresse nous apprend qu’environ 750,000 africains pourraient bientôt mourir de faim. En même temps, tout autour du texte, en guise publicité on parle de :

« LA TABLE DE NOS CHEFS »
« UN SOUPER PRESQUE PARFAIT »
« LA ROUTE DES VINS »
« LA MONTÉRÉGIE VOUS CHANTE LA POMME »

Personne n’a voulu être méchant, pas même cynique. D’ailleurs on ne voit plus ces contrastes, on ne remarque plus ces contradictions pourtant évidentes. J’ignore pourquoi mais ce matin j’ai noté l’article accompagné d’une photo explicite. Pendant que je lisais l’article, des pubs de bouffe ne cessaient de s’afficher tout autour. Étrange sensation. Cela ne m'a pas choqué, je me suis habitué à ce genre de chose. C’est peut-être ça le plus désolant.

Quand on prend le temps de regarder autour de nous, quand on laisse le Monde filer et qu’on fait une pause, ces incohérences deviennent évidentes. Pas facile de parler de ces choses, je veux dire, en parler sans faire semblant d’être scandalisé mais entre vous et moi, puisque nous prenons le temps de nous « entre-lire », en toute discrétion, on peut bien se permettre de souligner ces transgressions médiatiques.

Accent Grave