Lui et l'autre
B & T? Laissons-les tranquilles, leur mandat terminé, ils ont des choses plus sérieuses à faire que de traiter de ce qui devrait l’être par chacun d’entre nous. Vivre en fonction de nos propres valeurs et pas trop loin de nos convictions, sans attendre l’autorisation d’une commission, de lois ou d’autres autorités demeure une avenue envisageable.
J’aime bien ces deux gars là, pour les même raisons que d’autres les déteste. On ne fera jamais dire à ces gens ce que l’on veut entendre d’eux, ils diront et écriront ce qu’ils ont en tête, qu’on soit d’accord ou non. Si tout le monde avait autant de cran, nos assises seraient plus solides. La peur nous paralyse.
On ne les aime pas à cause de leur fameux rapport. On peut aussi ne pas les aimer à cause de l’idée qu’ils se font de la société. Cependant, quiconque les connaît individuellement ne peut affirmer qu’ils sont déconnectés de ce qui les entoure. Ce ne sont pas eux qui ont montré la sortie aux clients d’une cabane à sucre pour permettre à des musulmans de prier. Ils n’ont pas givré les vitres du YMCA non plus. Je parie que cette cabane à sucre fut encore cette année très populaire auprès des québécois de souche canadienne française (sic).
Si j’avais moi aussi été forcé d’écouter les récriminations et les pleurnichages de tant de gens au sujet de ceux qui vivent à leur façon mais que nous avons reçu au pays, c’est l’image de tant de sociétés intolérantes (pour ne pas employer d’autres mots) qui me serait venue en tête. Ce cirque, pour peu que j’aie pu constater (j’imagine qu’il y a eu quelques bonnes représentations), m’a paru burlesque. Je me demandais ce qu’on pourrait en tirer.
Vous souhaitez une société laïque? Commencez par retirer le crucifix du parlement, celui que Duplessis a fait installer en 1936, plus pour rappeler l’alliance entre l’Église et l’État que pour toute autre raison. La réaction fut immédiate: les députés présents, tous partis confondus, votent (dans l’ignorance ou l’innocence la plus complète) pour garder la croix bien en vue sous prétexte qu’elle fait partie du patrimoine! Nos élus ne sont pas les seuls à tenir au crucifix, à chaque fois qu’ils votent ou ouvrent la bouche, ils pensent à leurs électeurs. Restreindre les autres religions : oui, la sienne, pas question.
Nos deux philosophes affirment qu’une société laïque ne confond pas religion et affaires d’État, c’est aussi une société où ses membres sont libres de pratiquer la religion de leur choix, dans le respect des droits de la personne. Il n’est bien sûr pas question d’athéisme. C’est simplement dit, plus difficilement réalisable.
Certains souhaitaient que nos deux bonhommes ne fassent pas trop dans la généralité. Ils se prononcent directement sur un certain nombre de choses (uniformes, école, burka… etc.). Rien de ce qu’ils ont écrit n’a force de loi mais ils se prononcent. Ils disent : en ce qui nous concerne, si des élèves veulent prier dans des locaux vacants on n’y voit pas d’inconvénient mais si vous n’avez pas de locaux libres, vous dites non, rien ne doit être aménagé à cet effet. En d’autres mots, mettez vos culottes, on ne le fera pas pour vous. C’est peut-être ça qui frustre. On voudrait pouvoir dire : « ce n’est pas moi qui vous empêche de prier, c’est la loi ».
Mon opinion? J’ai peu médité sur la chose mais à première vue, j’irais plus loin. Je ne permettrais aucun signe religieux dans la fonction publique, surtout dans nos écoles et les élèves comme le personnel devraient s’y soumettre. Je n’ai pas lu ce rapport et ne le lirai pas car il n’a aucune valeur juridique, j’ai mieux à faire. Paraît qu’on y trouve quelques incohérences. Comment pourrait-il en être autrement? Nous sommes incohérents nous-mêmes. On se dit ouvert mais cette ouverture n’est généralement que faiblesse. Ni Bouchard ni son copain ne pouvaient compenser pour la chose.
Une chose est sûre, le respect et le droit des personnes ne passe pas par les interdictions absolues. Il faut se méfier de certains courants. Des notions comme l’antiracisme extrême, «l’indifférencialisme», l’interdiction radicales de pratiques religieuses et d’autres idées «égalitaristes» prises une à une sont intéressantes mais lorsqu’elles s’additionnent et se transforment en lois, en dogmes, elles étouffent et mènent vers l’opposé. Certains qualifient cette mouvance de communisme nouveau genre, version 21ème siècle. Une société dont l’administration ne mêle pas la religion aux affaires publiques et une société qui interdit la pratique religieuse sont deux choses distinctes. Personne ne doit se montrer tyrannique et les minorités, comme les individus, ne peuvent tout réclamer au nom d’une charte ou de lois. L’idée de combattre les excès plutôt que de faire table rase me plaît assez.
Pour atteindre un équilibre, une paix aussi saine que juste, les individus doivent se respecter eux-mêmes, croire en eux-mêmes et transmettre cette confiance aux autres plutôt que de laisser la peur et l’ignorance imposer lois par-dessus lois. J’en viens toujours là. Je ne peux m’en remettre à une commission pour décider de la société dans laquelle je vis. Les lois ne peuvent faire ce que les membres d’une communauté n’ont pas le cran de réaliser. Et là, je pense que je touche au bobo.
Autre réalité :
Cette commission, dès sa mise sur pied, avait pour objectif de soulager Charest d’une atmosphère malsaine suite à divers événements anecdotiques reliés à des accommodements déraisonnables souvent octroyés par des Québécois de souche. Il lui faudra peut-être trouver autre chose, je ne m’inquiète pas. Les bernés sont ceux qui croyaient qu’une telle commission pourrait compenser pour une société qui ne se donne pas la peine de défendre sa propre culture. Ils croyaient que cette commission le ferait pour eux. En confrontant ces co-présidents à la plèbe (parfois troublante), leur conclusion était inévitable. Charest (comprendre ses conseillers) le savait.
En deux mots, nous sommes revenus au point de départ mais dans une atmosphère moins explosive, jusqu’à ce qu’un journaleux relève une nouvelle anecdote. L’avenir dépendra de la vigueur avec laquelle les gens défendront ce en quoi ils croient, ça n’a rien d’encourageant.
Accent Grave
J’aime bien ces deux gars là, pour les même raisons que d’autres les déteste. On ne fera jamais dire à ces gens ce que l’on veut entendre d’eux, ils diront et écriront ce qu’ils ont en tête, qu’on soit d’accord ou non. Si tout le monde avait autant de cran, nos assises seraient plus solides. La peur nous paralyse.
On ne les aime pas à cause de leur fameux rapport. On peut aussi ne pas les aimer à cause de l’idée qu’ils se font de la société. Cependant, quiconque les connaît individuellement ne peut affirmer qu’ils sont déconnectés de ce qui les entoure. Ce ne sont pas eux qui ont montré la sortie aux clients d’une cabane à sucre pour permettre à des musulmans de prier. Ils n’ont pas givré les vitres du YMCA non plus. Je parie que cette cabane à sucre fut encore cette année très populaire auprès des québécois de souche canadienne française (sic).
Si j’avais moi aussi été forcé d’écouter les récriminations et les pleurnichages de tant de gens au sujet de ceux qui vivent à leur façon mais que nous avons reçu au pays, c’est l’image de tant de sociétés intolérantes (pour ne pas employer d’autres mots) qui me serait venue en tête. Ce cirque, pour peu que j’aie pu constater (j’imagine qu’il y a eu quelques bonnes représentations), m’a paru burlesque. Je me demandais ce qu’on pourrait en tirer.
Vous souhaitez une société laïque? Commencez par retirer le crucifix du parlement, celui que Duplessis a fait installer en 1936, plus pour rappeler l’alliance entre l’Église et l’État que pour toute autre raison. La réaction fut immédiate: les députés présents, tous partis confondus, votent (dans l’ignorance ou l’innocence la plus complète) pour garder la croix bien en vue sous prétexte qu’elle fait partie du patrimoine! Nos élus ne sont pas les seuls à tenir au crucifix, à chaque fois qu’ils votent ou ouvrent la bouche, ils pensent à leurs électeurs. Restreindre les autres religions : oui, la sienne, pas question.
Nos deux philosophes affirment qu’une société laïque ne confond pas religion et affaires d’État, c’est aussi une société où ses membres sont libres de pratiquer la religion de leur choix, dans le respect des droits de la personne. Il n’est bien sûr pas question d’athéisme. C’est simplement dit, plus difficilement réalisable.
Certains souhaitaient que nos deux bonhommes ne fassent pas trop dans la généralité. Ils se prononcent directement sur un certain nombre de choses (uniformes, école, burka… etc.). Rien de ce qu’ils ont écrit n’a force de loi mais ils se prononcent. Ils disent : en ce qui nous concerne, si des élèves veulent prier dans des locaux vacants on n’y voit pas d’inconvénient mais si vous n’avez pas de locaux libres, vous dites non, rien ne doit être aménagé à cet effet. En d’autres mots, mettez vos culottes, on ne le fera pas pour vous. C’est peut-être ça qui frustre. On voudrait pouvoir dire : « ce n’est pas moi qui vous empêche de prier, c’est la loi ».
Mon opinion? J’ai peu médité sur la chose mais à première vue, j’irais plus loin. Je ne permettrais aucun signe religieux dans la fonction publique, surtout dans nos écoles et les élèves comme le personnel devraient s’y soumettre. Je n’ai pas lu ce rapport et ne le lirai pas car il n’a aucune valeur juridique, j’ai mieux à faire. Paraît qu’on y trouve quelques incohérences. Comment pourrait-il en être autrement? Nous sommes incohérents nous-mêmes. On se dit ouvert mais cette ouverture n’est généralement que faiblesse. Ni Bouchard ni son copain ne pouvaient compenser pour la chose.
Une chose est sûre, le respect et le droit des personnes ne passe pas par les interdictions absolues. Il faut se méfier de certains courants. Des notions comme l’antiracisme extrême, «l’indifférencialisme», l’interdiction radicales de pratiques religieuses et d’autres idées «égalitaristes» prises une à une sont intéressantes mais lorsqu’elles s’additionnent et se transforment en lois, en dogmes, elles étouffent et mènent vers l’opposé. Certains qualifient cette mouvance de communisme nouveau genre, version 21ème siècle. Une société dont l’administration ne mêle pas la religion aux affaires publiques et une société qui interdit la pratique religieuse sont deux choses distinctes. Personne ne doit se montrer tyrannique et les minorités, comme les individus, ne peuvent tout réclamer au nom d’une charte ou de lois. L’idée de combattre les excès plutôt que de faire table rase me plaît assez.
Pour atteindre un équilibre, une paix aussi saine que juste, les individus doivent se respecter eux-mêmes, croire en eux-mêmes et transmettre cette confiance aux autres plutôt que de laisser la peur et l’ignorance imposer lois par-dessus lois. J’en viens toujours là. Je ne peux m’en remettre à une commission pour décider de la société dans laquelle je vis. Les lois ne peuvent faire ce que les membres d’une communauté n’ont pas le cran de réaliser. Et là, je pense que je touche au bobo.
Autre réalité :
Cette commission, dès sa mise sur pied, avait pour objectif de soulager Charest d’une atmosphère malsaine suite à divers événements anecdotiques reliés à des accommodements déraisonnables souvent octroyés par des Québécois de souche. Il lui faudra peut-être trouver autre chose, je ne m’inquiète pas. Les bernés sont ceux qui croyaient qu’une telle commission pourrait compenser pour une société qui ne se donne pas la peine de défendre sa propre culture. Ils croyaient que cette commission le ferait pour eux. En confrontant ces co-présidents à la plèbe (parfois troublante), leur conclusion était inévitable. Charest (comprendre ses conseillers) le savait.
En deux mots, nous sommes revenus au point de départ mais dans une atmosphère moins explosive, jusqu’à ce qu’un journaleux relève une nouvelle anecdote. L’avenir dépendra de la vigueur avec laquelle les gens défendront ce en quoi ils croient, ça n’a rien d’encourageant.
Accent Grave


14 Comments:
Accent Grave, je ne commente pas souvent sur votre blogue, mais ô combien j’aime venir lire vos bonne textes, toujours remplis de matière à réflexion...
Cette commission BT aura remué bien des émotions. Les premiers résultats me laissent moi aussi rêveuse, car on voit là les réactions d’une société frileuse qui attendait autre chose du travail de nos deux sympathiques philosophes.
Lorsque vous écrivez « Vous souhaitez une société laïque? Commencez par retirer le crucifix du parlement… », je ne peux qu’être en accord avec vous. Mais voilà, le crucifix restera à l’Assemblée nationale. Ainsi va la vie que la majorité des humains ont une peur maladive du changement et s’accrochent à des symboles, aux leurs, pas à ceux des autres.
À Sophie Durocher (http://blogues.chatelaine.com/durocher/?p=131), qui, elle, s’interroge sur le port du voile, j’ai répondu ceci :
"Allah peut bien penser ce qu’il veut.
En fait, le problème, c’est quand les humains se sont mis à penser en son nom et l’ont utilisé pour faire passer des messages pour le moins douteux… idem pour Dieu et Yavhé.
En passant, les trois religions monothéistes ont une bien piètre idée des femmes. Le christianisme s’est demandé pendant quelques siècles si nous avions une âme, tout en honorant la Vierge… Longtemps, hommes et femmes ont été séparés dans les temples et le sont toujours dans les synagogues ; la femme est vue impure durant sa période de menstruations et aussi après l’accouchement et j’en oublie.
Le voile n’est que l’un des nombreux symboles religieux qui parsèment la planète, du crucifix au turban des sikhs en passant par le chapeau longtemps obligatoire pour aller à l’église… il a cependant, pour nous les femmes, une charge particulièrement émotive, car il est LE symbole – ô combien visible - que nous sommes moindres et devons nous dissimuler devant la moitié de l’humanité.
Éduquons les filles et il disparaîtra tout seul – facile à dire quand on est une occidentale qui vit dans un des pays les plus libres de la planète. Être Afghane, birmane ou citoyenne d’une de ces nombreuses dictatures – c’est une autre histoire.
Quant aux immigrants qui viennent s’installer chez nous, c’est notre devoir de leur signaler que nous sommes une société égalitaire et surtout, surtout, de veiller à ce que le message passe jusqu’aux petites filles qui seront éduquées au Québec…
Sans partir une polémique, si on se veut une société sans signes religieux, il faut aussi enlever les crucifix des lieux publics…"
Renée,
Les humains aiment bien faire parler les Dieux. Quoi d'étonnant, ces Dieux furent inventés pour cette raison bien précise. C'est mon avis. Les religions servent d'outils de manipulation, pour soummetre les femmes bien sûr, mais aussi les masses.
Voilà ce qu'a écrit Einstein au sujet des religions:
"Le mot de Dieu n'est pour moi rien de plus que l'expression et le produit des faiblesses humaines, et la bible un recueil de légendes, certes honorables, mais primitives, et qui sont néanmoins très puériles."
Il qualifie aussi la religion d'"incarnation des superstitions les plus puériles".
Einstein, comme n'importe qui peut écrire des conneries, mais sur ce point, je pense comme lui.
Je reste assez humble pour considérer mon opinion comme la mienne seule et de ne pas empêcher les autres d'avoir la leur sauf que par respect pour tous, il faut des terrains neutres, l'État devrait l'être, partout où il est représenté.
Accent Grave
pourquoi recommandent-ils l'interdiction du port de signes religieux aux magistrats et aux procs mais pas aux enseignants et autres fonctionnaires? Illogique à mon sens... Il faut des Etats laïques "purs et durs"
C'est vrai, notre faiblesse passe pour de l'ouverture, tout votre texte fait sens!
Pourquoi pur et dur? Parce que nous sommes incapable de jugement? Je ne vois pas l'incidence.
Et puis le crucifix... Si Duplessis n'avait pas vécu, s'il n'y avait pas eu de crucifix, et si et si.... Il n'y aurait sans doute pas eu de révolution tranquille et nous ne serions pas ce que nous sommes à présent non? En se sens c'est de l'histoire...
Mais je dis ça comme ça, sans prétention...
C'est que le sujet m'interpelle, mais je me vois incapable de me positionner sur le sujet, seulement apte à réagir sans être capable de synthèse et d'avoir un opinion générale...
Muse,
La commission souhaite que les citoyens jouissent d'une liberté maximale, incluant celle de pratiquer et d'afficher sa religion à l'intérieur d'un État laïque. Quadrature du cercle? Je pense que oui.
Les magistrats, juges, policiers et quelques autres personnes détiendraient un pouvoir coercitif que les autres n'ont pas. Ces gens ne pourraient afficher de signes religieux.
Je suis d'accord avec vous, l'État est laïque ou ne l'est pas tout comme une femme n'est pas à moitié enceinte. Dans les écoles publiques, j'éliminerais tout symbole religieux, comme vous avez décidé de le faire en France.
Ailleurs au Canada, on ne voit même pas le but d'obliger les policiers à porter l'uniforme de façon intégrale. Par exemple, les policiers Sikhs portent le turban. Toujours étrange d'arriver à l'aéroport d'Edmonton et de faire face à la police montée coiffée de turbans.
Cette simple image vous démontre comment on voit les choses en Amérique. L'individu est roi, on préfère un État qui n'intervient pas dans la vie des gens. Le Québec fait quelque peu exception, il est plus social-démocrate, juste un peu.
Miss Patata,
À l'Assemblée Nationale, le crucifix n'est pas un simple ornement historique. Il ne se compare pas aux vitraux sur lesquels on apperçoit Jacques Cartier érigeant la croix de Gaspé ou à la croix du Mont-Royal. Le crucifix du parlement est accroché au mur, derrière le président de la chambre qui administre et décide des lois concernant TOUS les citoyens.
Je ne me battrai pas pour ou contre ce symbole mais s'il y a un endroit où la laïcité doit être démontrée, c'est bien là il me semble. D'ailleurs, B & T ne suggéraient pas de l'éliminer, mais de le déplacer.
Ce n'est pas une question de vie ou de mort mais j'y vois un message contradictoire. Des rappels historiques concernant la présence religieuse au Québec, y en a partout.
Un tel geste donnerait plus de crédibilité à nos exigences face aux arrivants avec lesquels je serais aussi intransigeant qu'acceuillant.
Accent Grave
J'ai particulièrement aimé tout votre paragraphe qui commence par « Pour atteindre un équilibre... » et aussi quand vous écrivez que « Les bernés sont ceux qui croyaient qu'une telle commission pourrait compenser pour une société qui ne se donne pas la peine de défendre sa propre culture ».
Tout est là, à mon avis.
Cher Accent,
Si tu permets...
Quand je paie, j'ai des attentes. Quand je délègue des spécialistes aussi. Quand je vais voir mon médecin, je ne m'attends pas à devoir moi-même poser un diagnostique mais j'attends de cette personne qui a des connaissances que je n'ai pas qu'elle le fasse et me prescrive les soins à apporter afin de guérir, améliorer ma condition ou, au pire, supporter la douleur.
Tu connais dans le détail mes positions, qui sont aussi les tiennes, relativement à la religion et tout ce bazar idéologique. Cependant, j'ajouterais quelques pronoms personnels à ton titre. Je suis, comme toi, fatiguée des gens qui ne font que se plaindre et ne font rien, ne proposent rien. Plus capable.
Le « nous », toi et moi avons déjà bien rigolé à son sujet, il y a belle lurette. Ce jello pas pris, d'où est sensé jaillir le gros bon sens, qui n'est d'autre que l'idéologie ou les idéologies à tendance dominante qu'on nous inculque à renfort de toutes sortes de mécanismes que nous connaissons tous deux. Ce jello de cirque, diffusé en primeur, bien avant les interventions intelligentes des personnes qui ont cru à ce semblant de démocratie (je revendrai chez moi sur ce concept).
Ce « nous » ne fera jamais rien. Il manque d'outils, d'éducation, de formation académique, de connaissances, de motivation; il nage dans l'indifférence, le bonheur immédiat, le souci du petit bonheur quotidien, de la consommation, de l'avoir bien plus que de l'être. Bref...
Si on attend ce « nous-là », aussi bien se génocider tout de suite.
Il manque je, et tu. Il manque des petits nous formés sur mesure, pouvant croitre, se nourrissant de paroles et d'actions citoyennes, qui discutent, agissent, proposent.
Il manque ici un vous, qui s'adresse directement à des personnes que nous (le jello) avons payées et qui nous (toujours le jello) présentent des concepts visibles dans le dictionnaire en nous disant de nous (idem) en occuper nous-mêmes (...). Là, on (se) retourne dans le jello.
Il manque à mon avis quelques pronoms. Je crois en l'éducation. Pour cela, il faut construire avec celles et ceux qui la donnent.
Sérieux manque d'hommes, entendons d'appartenance sexuelle masculine, pas de construction idéologique, dans le domaine de l'éducation de la petite-enfance, de l'enfance, de l'adolescence, étapes si importantes de la construction de l'individu, du citoyen, de la citoyenne, de l'être.
Pourquoi? Parce que les stéréotypes sont toujours bien vivants et super en forme. On les balaie d'une main et les tire par le bras, les invite de l'autre.
Discuter, proposer, agir. Trois magnifiques verbes d'action.
Écrire sur un blogue, cela conjugue déjà ces trois verbes. Voir où sont nos limites personnelles.
J'écris beaucoup chez moi aussi sur les sujets et concepts présents dans cette commission au dépanneur. Malgré la colère et oui, un découragement, qui n'aura pas le dernier mot.
Zed
Cher Accent,
Quelle longue absence... Elle commence à m'inquiéter! Tout va bien?
Zed ¦ |
C'est la période des vacances ou, pire encore, d'avant les vacances, si vous en avez...
Mais vos écrits, propos et réflexions me manquent aussi, sans vouloir vous mettre de la pression.
Accent Grave, où êtes-vous ? J'aime vous lire même si je ne suis pas toujours d'accord avec vous, où ne trouve rien d'assez intelligent à répondre.
J'espère que c'est le nettoyage printanier de vos vitres qui vous tient captif, et non quelque chose de plus sérieux...
Zed,
Disons que depuis quelques mois je m'installe rarement devant mon écran. Je n'ai pas fermé mon blogue pour autant. J'y reviendrai. J'ai composé plusieurs billets mais en relisant, je ne voyais aucune «valeur ajoutée».
Zoreilles,
... et comme je n'ouvre même pas ma machine, je lis peu les autres blogues, là encore, j'y reviendrai.
Lise,
... vous poussez le bouchon un peu loin. Lorsque vous n'êtes pas d'accord, il faut simplement le dire, avec vos mots qui sont toujours justes. Je n'aime pas ce qui est compliqué et si votre opinion est sincère, vos propos ne pourront qu'être intelligents, c'est d'ailleurs la perception que j'ai de vous.
Accent Grave... encore courbaturé d'avoir refait une toiture hier.
C'est que je commence bougrement à m'ennuyer de toi cher Accent Grave... Ouais... Le 5 juillet...
Accent Grave, votre accent commence à manquer sérieusement...
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