Contrastes
Autre séjour aux É.-U., chez nos «amis requins», dans la Grande Pomme cette fois.
J’en reviens toujours un peu… troublé. Le pays de nos voisins ne se décrit pas facilement, tout au plus pouvons-nous narrer quelques observations, la palette de ce qu’on y trouve est large. Contrastes par-dessus contrastes. Au premier regard, c’est un nivellement par le bas que je vois, un tintamarre assourdissant, un mode de vie dicté par un matérialisme abrutissant, par des médias qui se veulent plus bêtes qu’ils ne le sont. On entend continuellement des expressions creuses teintées d’un patriotisme boiteux. Ensuite, quand je parle aux gens, on se rejoint sur plusieurs points, dans notre américanité à tout le moins.
On semble tout ignorer du reste du Monde et pourtant, c’est encore de là qu’est dirigé le Monde, par des gens venus de partout. De moins en moins vrai, mais pas encore faux.
Dans ce fouillis sans fin se cachent des trésors de l’humanité. Suffit de se rendre au MET. La collection de ce musée jointe à celle de Chicago contient la moitié des trésors artistiques du Monde. L’autre moitié se trouve ailleurs, surtout chez des particuliers!
On se sent obligé de me dire que je suis sur la terre de toutes les libertés. On décrie ces JO qui se déroulent dans un pays où ces mêmes libertés n’existent pas. De ma chambre j’avais accès à plus de 80 chaines télé, aucune ne diffusait la cérémonie d’ouverture des JO en direct. Les droits étant réservés et c’est en différé, à grande heure d’écoute qu’on autorisait la diffusion au bon peuple. Le reste du Monde pouvait capter la chose, pas ici. Au pays de l’oncle Sam, on décide «librement» pour vous, c’est la dictature économique. Personne ne s’en plaint, on défend même le principe, chiffres à l’appui. Que de contrastes, un tableau fascinant.
L’élite est puissante à New York, extrêmement cultivée, riche, en contrôle et peu nombreuse. Les puissants auront toujours besoin d’un territoire, d’un espace pour troquer ses diamants, conserver les trésors de l’humanité et se rencontrer. Je perçois cette cité comme une forteresse médiévale. Pour faire tampon au reste du Monde, il faut une population n’ayant rien à voir avec eux, mais prête à mourir pour l’American Dream. Pour mieux comprendre ce phénomène, on m’a suggéré la lecture d’un bouquin intitulé « Pourquoi les Pauvres Votent à Droite » de Thomas Frank. Je doute qu’un seul livre puisse expliquer l’étrangeté humaine.
Je ne dirais pas que New York est un musée à ciel ouvert comme d’autres villes le sont, quoi que du côté architectural, on ose beaucoup. Disons que c’est un spectacle à ciel ouvert. Contrastes et contrastes! On retrouve peut-être les plus grands restaurants du Monde, mais sur la rue, pour les gens ordinaires, trouver un bon endroit où manger relève de l’exploit. Y’a toujours la p’tite Italie, mais faut y être. Cela vaut pour le reste du pays. De là découle la popularité des restaurants-minute qui sont moins décevants que bien des restaurants aux allures intéressantes, mais aux assiettes désappointantes!
Les rues sont propres à New York, plus sûres, le New York des années ’70 semble une affaire du passé. On ne fume plus nulle part, on rabroue le fumeur installé sur une terrasse ouverte et sise sur un trottoir alors qu’à moins d’un mètre, sur six voies de large il n’y a que des gros «chars», des SUV immobiles brulant du carburant. On se dit vert, préoccupé par l’environnement. Contrastes et contrastes.
Un bel appartement juché assez haut pour offrir une vue sur Central Park coûtait, il n’y a pas longtemps, trois ou quatre millions. Maintenant c’est plus cher. Point d’aristocratie depuis la révolution, l’argent a tout remplacé. Bientôt, les logis d’Harlem, celui de l’Apollo, ne seront plus accessibles aux familles new-yorkaises.
J’ai très bien ressenti un vent de conservatisme. Je m’attendais moins à cela. On ne veut aucun changement réel. On parle «vert» mais la note est fausse. Les mots communisme, gouvernements et sociale démocratie font encore trembler les gens. Faut protéger les fortunes.
Cela m’incite à prédire, bien à l’avance, une victoire des républicains à la prochaine élection, c’est juste une impression, peut-être biaisée par une vue partielle, la mienne. Les démocrates, avec leur nouveau chef en tête, représentent un bon choix pour l’Europe et pour le reste du Monde. Ça c’est mauvais signe pour l’américain moyen. Les Yankees aiment suivre une politique qui déplaît aux Européens. La raison est simple : le «vrai monde » est conservateur, républicain, un peu comme ici le « vrai monde » était celui de Mario Dumont.
Et le retour…
Une chose est sûre, il suffit de visiter quelques villes aux É.-U. ou en Europe pour constater qu’à Montréal les infrastructures sont désuètes, négligées. Même les plus petites villes québécoises démontrent plus de dynamisme que la métropole. Et là, je ne parle pas de nos routes, ce n’est plus un cliché. Si l’on pouvait se permettre de comparer l’état de nos routes avec celles de nos voisins ou celles des Européens, moins de 10% de ces dernières obtiendraient la note de passage. Je parle de cela, car dès que l’on traverse la frontière canadienne, c’est vraiment, mais vraiment frappant.
Accent Grave
J’en reviens toujours un peu… troublé. Le pays de nos voisins ne se décrit pas facilement, tout au plus pouvons-nous narrer quelques observations, la palette de ce qu’on y trouve est large. Contrastes par-dessus contrastes. Au premier regard, c’est un nivellement par le bas que je vois, un tintamarre assourdissant, un mode de vie dicté par un matérialisme abrutissant, par des médias qui se veulent plus bêtes qu’ils ne le sont. On entend continuellement des expressions creuses teintées d’un patriotisme boiteux. Ensuite, quand je parle aux gens, on se rejoint sur plusieurs points, dans notre américanité à tout le moins.
On semble tout ignorer du reste du Monde et pourtant, c’est encore de là qu’est dirigé le Monde, par des gens venus de partout. De moins en moins vrai, mais pas encore faux.
Dans ce fouillis sans fin se cachent des trésors de l’humanité. Suffit de se rendre au MET. La collection de ce musée jointe à celle de Chicago contient la moitié des trésors artistiques du Monde. L’autre moitié se trouve ailleurs, surtout chez des particuliers!
On se sent obligé de me dire que je suis sur la terre de toutes les libertés. On décrie ces JO qui se déroulent dans un pays où ces mêmes libertés n’existent pas. De ma chambre j’avais accès à plus de 80 chaines télé, aucune ne diffusait la cérémonie d’ouverture des JO en direct. Les droits étant réservés et c’est en différé, à grande heure d’écoute qu’on autorisait la diffusion au bon peuple. Le reste du Monde pouvait capter la chose, pas ici. Au pays de l’oncle Sam, on décide «librement» pour vous, c’est la dictature économique. Personne ne s’en plaint, on défend même le principe, chiffres à l’appui. Que de contrastes, un tableau fascinant.
L’élite est puissante à New York, extrêmement cultivée, riche, en contrôle et peu nombreuse. Les puissants auront toujours besoin d’un territoire, d’un espace pour troquer ses diamants, conserver les trésors de l’humanité et se rencontrer. Je perçois cette cité comme une forteresse médiévale. Pour faire tampon au reste du Monde, il faut une population n’ayant rien à voir avec eux, mais prête à mourir pour l’American Dream. Pour mieux comprendre ce phénomène, on m’a suggéré la lecture d’un bouquin intitulé « Pourquoi les Pauvres Votent à Droite » de Thomas Frank. Je doute qu’un seul livre puisse expliquer l’étrangeté humaine.
Je ne dirais pas que New York est un musée à ciel ouvert comme d’autres villes le sont, quoi que du côté architectural, on ose beaucoup. Disons que c’est un spectacle à ciel ouvert. Contrastes et contrastes! On retrouve peut-être les plus grands restaurants du Monde, mais sur la rue, pour les gens ordinaires, trouver un bon endroit où manger relève de l’exploit. Y’a toujours la p’tite Italie, mais faut y être. Cela vaut pour le reste du pays. De là découle la popularité des restaurants-minute qui sont moins décevants que bien des restaurants aux allures intéressantes, mais aux assiettes désappointantes!
Les rues sont propres à New York, plus sûres, le New York des années ’70 semble une affaire du passé. On ne fume plus nulle part, on rabroue le fumeur installé sur une terrasse ouverte et sise sur un trottoir alors qu’à moins d’un mètre, sur six voies de large il n’y a que des gros «chars», des SUV immobiles brulant du carburant. On se dit vert, préoccupé par l’environnement. Contrastes et contrastes.
Un bel appartement juché assez haut pour offrir une vue sur Central Park coûtait, il n’y a pas longtemps, trois ou quatre millions. Maintenant c’est plus cher. Point d’aristocratie depuis la révolution, l’argent a tout remplacé. Bientôt, les logis d’Harlem, celui de l’Apollo, ne seront plus accessibles aux familles new-yorkaises.
J’ai très bien ressenti un vent de conservatisme. Je m’attendais moins à cela. On ne veut aucun changement réel. On parle «vert» mais la note est fausse. Les mots communisme, gouvernements et sociale démocratie font encore trembler les gens. Faut protéger les fortunes.
Cela m’incite à prédire, bien à l’avance, une victoire des républicains à la prochaine élection, c’est juste une impression, peut-être biaisée par une vue partielle, la mienne. Les démocrates, avec leur nouveau chef en tête, représentent un bon choix pour l’Europe et pour le reste du Monde. Ça c’est mauvais signe pour l’américain moyen. Les Yankees aiment suivre une politique qui déplaît aux Européens. La raison est simple : le «vrai monde » est conservateur, républicain, un peu comme ici le « vrai monde » était celui de Mario Dumont.
Et le retour…
Une chose est sûre, il suffit de visiter quelques villes aux É.-U. ou en Europe pour constater qu’à Montréal les infrastructures sont désuètes, négligées. Même les plus petites villes québécoises démontrent plus de dynamisme que la métropole. Et là, je ne parle pas de nos routes, ce n’est plus un cliché. Si l’on pouvait se permettre de comparer l’état de nos routes avec celles de nos voisins ou celles des Européens, moins de 10% de ces dernières obtiendraient la note de passage. Je parle de cela, car dès que l’on traverse la frontière canadienne, c’est vraiment, mais vraiment frappant.
Accent Grave
Libellés : New York


30 Comments:
Accent Grave,
votre analyse de cette grosse pomme indigeste, de laquelle il faudrait faire une grosse tarte, en y ajoutant beaucoup de cannelle afin de la rendre mangeable, m'a attristée. Pas à cause de votre écriture, mais par l'omniprésence du facteur économique ( lire la sainte piasse ) qui contrôle tout aujourd'hui.
Chacun sait que l'argent chez les "amis requins" (j'aime votre expression), comme partout ailleurs a le dernier mot, mais ça semble encore plus évident dans cette ville remplie de contrastes , comme vous le dites.
Et je comprends votre désabusement au retour, il n'y a qu'à relire votre dernier paragraphe, mais pour rien au monde je ne voudrais vivre chez nos voisins du sud. Leur capitalisme effréné, leur insouciance en matière d'environnement (impardonnable à notre époque) me rebute au plus haut point. Sans parler de leur admiration pour tout ce qui est tape à l'oeil, ce qui est "fake".
Et si je suis votre ligne de pensée, disant que nous sommes américanisés, je souhaite que ce soit dans le sens de ceux qui ont de bonnes valeurs, dans le sens non monétaires et non superficielles.
On peut rêver...
Ce que j'aime particulièrement dans vos billets, c'est cette façon d'observer des événements, des lieux, des faits de société, des tendances, sans rien affirmer, mais avec le regard et l'esprit ouverts de celui qui a voyagé, vu, constaté, comparé et qui propose une réflexion dans le moment présent, prêt à en discuter.
Il y a longtemps que je n'ai pas mis les pieds aux États-Unis. L'occasion ne se présente plus, disons. Mais c'est en sol américain qu'un jour, j'ai eu une conversation marquante, très enrichissante, avec un parfait inconnu, pendant deux longues brassées de lavage/séchage! En dernier, on a pris le temps de plier tout notre linge, tellement on avait le goût de continuer l'échange, nos points de vue étant tellement à l'opposé malgré notre américanité... et nos perceptions, si différentes, de l'Europe, par exemple, de la consommation, de l'environnement. Et l'anglais n'est pas ma langue, je vous le rappelle...
Alors, j'ai aimé vous entendre sur le sujet. Je me demandais justement ce que devenaient les hommes et les femmes de ce pays. Pour les dirigeants, on peut savoir un peu mais pour les Américains eux-mêmes, quelle est leur conscience du monde qu'ils habitent?
Lise,
Il faut éviter de tomber dans l’anti-américanisme. Dans ce pays, il y a bien sûr l’argent, celle du monde entier. Mais il y a plus. Quand je parle de l’Américanité, j’englobe une pensée plus profonde qui distingue notre continent grâce à l’histoire américaine. Notre système économique est essentiellement américain, notre mode de vie l’est aussi, avec certaines nuances, quelques mesures sociales.
J’ai pas mal bossé aux USA et des gens ouverts, intéressants, il y en a beaucoup. Les Américains sont accueillants et généreux. Il s’y trouve de très grands écrivains, de grands philosophes, de grands artistes. Ces gens, sans être dénués de pouvoir, ne sont évidemment pas les plus puissants mais ils influencent les puissants. New York ne se limite pas aux quelques adolescentes se faisant photographier sur Times Square.
La révolution américaine a laissé un grand héritage au Monde entier. L’abandon de l’esclavagisme ne vient pas d’ailleurs. Il existait partout ailleurs et l’Europe, la France en particulier, s’est grandement enrichie avec ce commerce. Les Américains, avec leur puissance, ont toujours voulu mener le Monde mais que dire des nations européennes avec leur colonialisme coloré d’une supériorité raciste.
Les Américains, eux-mêmes colonisés ont su se libérer du colonialisme anglais sans importer l’aristocratie, la plus détestable des choses. Ils se sont battus pour ça. Cela a entraîné une liberté d’esprit alimentant une créativité jamais vue, la possibilité pour quiconque d’entreprendre des projets inouïs ainsi que des mouvements sociaux, bien avant l’Europe, comme le féminisme, la libération sexuelle, l’acceptation de l’homosexualité. Tout cela s’est fait malgré une forte opposition alors que nous pataugions encore dans la religiosité!
L’Amérique d’aujourd’hui? Elle a changé, bien sûr, elle déçoit souvent. C’est le Déclin de l’Empire Américain, vécu ici aussi d’une façon assez semblable.
Accent Grave
Zoreilles,
Quand je parle d'Américanité, l'image de votre style de vie me vient presqu'immédiatement à l'esprit. C'est la liberté d'esprit jointe à une action réelle influençant la vie elle-même et possible dans la nature.
La distinction entre l'Europe, à laquelle nous aimons nous identifier mais qui nous ressemble moins, n'est pas aussi évidente qu'autrefois. Le monde se globalise et je ne sais toujours pas si c'est une bonme chose ou non!
En gros, nos voisins détestent les interventions de l'État, les mesures sociales et ce genre de choses. Ils préfèrnt décider eux-mêmes de ce qui est bon pour eux, et forment des comités lorsque nécessaire plutôt que de déléguer leurs décisions aux gouvernements.
Ils tiennent à cela, ils ont comme pensée: fais toi-même ce que tu peux faire et ce que tu obtiendra dépendra de ton mérite.
Notez que depuis plusieurs années, je ne me demande plus qui je suis, je suis Québécois.
Accent Grave
Merci d'avoir pris le temps de me répondre de manière aussi détaillée Accent, j'apprécie.
Et j'ai une excellente amie Américaine, à qui j'écris depuis des années. Nous sommes devenues des amies réelles il a quelques mois. Elle fait partie de ces gens dont je parlais dans mon dernier paragraphe.
Et j'aime votre regard unique, parfois un peu délinquant sans malice, sur le monde qui nous entoure ( ou nous emprisonne ? ). Continuez à écrire, vous êtes apprécié par vos lecteurs.
Lise,
Je dispose d'un peu de temps, j'en profite pour écrire et lire un brin.
Il est difficile d'écrire sur un tel sujet sans aller plus loin que là où ma position réelle se situe.
Nous sommes tellement biaisés par les gros tires et les clichés qu'il est facile d'oublier la réalité du terrain, souvent fort différente de ce qu'on véhicule. Il faut toujours creuser un peu avant d'atteindre le coeur d'un société.
Accent Grave
Pour ma part, j'ai également l'impression que les républicains vont l'emporter en novembre. Le clan Obama joue déjà au Président. Il prend l'électorat pour acquis, ce qui risque de déplaire, surtout à cette "Amérique profonde", dont certains états du sud et du "Far-west".
Et on sait qu'en politique, quelques mois, c'est une éternité.
En passant, c'est toujours intéressant et agréable de vous lire.
Les États-Unis sont les États-Unis mais New-York est New-York. Peu de musées au pied carré aux É.-U., tout plein à New-York. Plein d'obèses aux É-U.,très peu à New-York. Il faut voir les New-Yorkais courir dans Central Park, nombreux, disciplinés (il y a des feux de circulation dans le parc!), pas de mendiants dans la rue (cachés dans les souterrains du métro? Il paraîtrait que ce n'est pas une légende urbaine que les égoûts de New-York soient habités), des appartements minuscules à un prix d'or (mais vous en avez parlé), des spectacles en primeur, des taxis trop rares mais à bon prix qu'on s'arrache, de la politesse (je trouve les New-Yorkais charmants), des jeunes partout alors qu'ailleurs au pays la présence des "vieux" est omniprésente et que ce sont des personnes vraiment âgées qui vont vous servir dans les commerces et les restaurants (c'est le cas à Miami, à Disney et à Fort Lauderdale, je ne prétendrai pas connaître tout ce grand immense pays tout de même!).
New-York, j'ai aimé, beaucoup, mais New-York, c'est New-York, pas les États-Unis.
J'adore votre billet. Dois-je comprendre que c'est vous le méchant fumeur que l'on a chassé d'une terrasse? ;o)
Femme libre,
Pas moi, mais c'est pareil, je n'en déteste pas moins ces chasses aux sorcières. Je fuis ces chasseurs à l'esprit tellement banal, sans originalité contrôlés par les modes et tendances.
Il existe d'autres fabuleux musées aux USA et d'autres villes intéressantes (Chicago, Boston, Frisco, Seatle... etc). La Floride, conmstitue à mes yeux une grosse maison de retraite ennuyante.
Accent Grave
Bof!Bof!Bof! C'est bien plus à la mode d'aimer New-York que la Floride, je sais bien mais moi je l'aime quand même la Floride, je trouve que c'est une joyeuse maison de retraite et je voudrais bien m'y retrouver à 90 ans, avec ma nurse privée au bord de l'océan. Et parlant musées, la Floride en est bien pourvue et j'y ai visité le plus grand musée consacré à Salvador Dali et puis il y a les Éverglades et leurs alligators et les palmiers et le soleil.
Rires!
Je ne serai jamais assez vieux pour la Floride! Moi adore ce qui est quétaine ne suis même pas touché par leurs bébelles!
Mais... peut-être arriverez-vous à chasser mes préjugés et me convaincre que le Paradis c'est là qu'y s'trouve!
Accent Grave
Je suis un peu surpris par ta prédiction Républicaine, je l'avoue. Cependant, j'ai peur que tu aies raison, encore (comme souvent).
Mes quelques incartades aux USA me laissent un bon souvenir, peu importent les États visités ou parcourus.
J'ai l'impression que nous mêmes, par nos attitudes et propos peuvent rendre un tel passage intéressant ou non, comme partout ailleurs, non?
Récemment, une personne de mon entourage me disait qu'elle n'aimait pas les Hollandais. Personnellement, j'ai eu d'excellents contacts avec eux, peu importe qu'il s'agisse de la Hollande (Pays-Bas) profonde ou d'Amsterdam. Je n'y ai jamais rencontré de personnes rebutantes ou malveillantes à mon égard, bien au contraire. Ça dépend aussi de la façon dont on aborde les autres. L'ouverture apporte l'ouverture et à contrario...
J'aime ta façon d'aborder "tes" gens, "tes" cultures et "tes" pays.
Esperanza,
Que vous avez raison! L'attitude démontrée en voyage change tout. Tenter de s'exprimer dans la langue locale et éviter les comparaisons avec notre « chez nous » sont des attitudes gagnantes. Au Panama il faut devenir Panaméen, s'intéresser sans juger bêtement.
À l'écoute de notre environnement, nous pouvons ressentir les choses, par le biais des nuances, par certains détails qui ne mentent pas. J'ai rarement rencontré des gens désagréables et quand c'est le cas, il faut distinguer les exceptions.
Pour ce qui est des républicains, soyez rassuré, je me trompe sans cesse dans mes prédictions. Ce qui ne fait croire en une victoire républicaine c'est la «Bible Belt» du centre-sud américain, ce vent de conservatisme et de religiosité perçu et je doute aussi qu'une majorité d'Américains, une fois dans l'isoloir, vote pour un noir. Ce cernier énoncé ne sera jamais exprimé à haute voix.
Accent Grave
Rires!
Vous deviendrez probablement assez vieux pour la Floride à un moment donné, Accent Grave!! Entre nos centres pour vieillards déprimants où on donne un bain par semaine et le bord de mer et les sorties à l'opéra en bus adapté acommpagné de votre nurse que vous pourriez même choisir jolie, je vous garantis que vous en viendriez à trouver des avantages à la Floride! En fait, on les appelle "nurses" mais ce sont des femmes qui travaillent au salaire minimum pour s'occuper en individuel de vieillards. Elles font huit heures d'ouvrage et sont remplacées par une autre pour la soirée. Ici, on ne trouve pas ce genre de personnel ou bien on le trouve à prix d'or. Là-bas, c'est un job respecté. Les mesures sociales sont bien différentes aux États-Unis, pas du tout facile d'avoir du bien-être. Alors le monde travaille.
accompagné
Bien vrai pour les «nurses». Je pourrais même en trouver une... plus économique si je vais du côté des «illégaux».
Accent Grave
Bonne analyse, réactions intéressantes. Pour ce qui est du bouquin de Thomas Frank, je te le conseille... Publié en 2004, quelques mois avant les présidentielles, ce livre explique pourquoi les gens ordinaires supportent le parti républicain. Y'a des parallèles intéressants à tisser avec ce qui se passe ici (vote pour le PCC et l'ADQ). Le titre original du livre est "What's the matter with Kansas?"
Billet très intéressant, Accent.
J'adore New-York. J'y ai vécu des choses étranges. Tourner en boucle cent fois sur nous-mêmes dans un tunnel et des viaducs mal expliqués, mon père n'ayant déjà pas énormément le sens de l'orientation (assez angoissant) et devoir dormir dans la voiture. Mon premier contact avec l'art conceptuel, sans le savoir (trop petite) et l'héritage de Duchamp, avant même que celui de Pollock soit digéré, je pense, alors qu'on pouvait acheter des conserves ...d'air de New-York, faire tourner des cartons sur des centrifugeuses et y laisser tomber de jolies couleurs liquides, franches, l'« œuvre » ensuite officialisée avec un passe-partout, voir les plus petits oiseaux du monde, les plus petits de bien des choses, l'abondance de produits, regarder, ébahie, les employés traverser à toute vitesse les grandes rues avec de longs supports remplie de vêtements, subir l'impatience des automobilistes au klaxon automatique si le premier devant n'était pas parti pile poil sur le feu vert (juste au cas où il serait distrait, sans doute). Mon dernier voyage en était un d'affaires. New-York était envahie par les magnolias en fleurs (je ne peux plus m'en passer!) et les tulipes. J'avais pris des photos où on se serait crus quelque part en Europe, certaines architectures y participant et des personnes venues d'ailleurs. Musées, galeries, occupant les journées, le soir... bar de travelos dont on ne pouvait pas dire à quel sexe ils appartenaient, montées sur des talons incroyablement aiguilles et maquillés comme s'ils portaient des masques japonais, se promenant sur un comptoir si étroit (et haut) qu'il était incompréhensible qu'ils puissent s'y tenir et y bouger et d'où ils flirtaient aussi bien avec les femmes qu'avec les hommes, avec scène au fin fond (je pensais à Zazie dans le métro) et spectacle autant dans la salle où on était tenus par les autres, souvent déguisés aussi tellement c'était bondé, un autre bar situé dans un ancien tunnel de métro, éclairé bleu néon où tout était tellement, mais tellement dispendieux qu'on regardait seulement; de très jeunes gens qui devaient travailler au salaire minimum, vivre chez leurs parents et tout dépenser... là! se faire harceler un bon bout de chemin par un jeune Noir relativement talentueux, dans la rue, qui nous rappait à la limite du supportable, avant que cela s'appelle carrément de la violence évidente, en nous précédant à reculons, dans toutes sortes de position quasi acrobatiques possibles, sa quête de notre si rare argent.
Le Met... ou mon manteau, tenu sur mon bras avec la poche intérieure à l'envers, contenant mon portefeuille... contenant, lui, tout mon argent, mon billet d'avion, mes papiers, etc. que j'avais bien entendu échappé sans m'en rendre compte avant le moment de quitter le directeur d'un service avec qui j'avais eu une entrevue et qui était cent mille fois plus affolé que moi, portefeuille retrouvé intact par un gardien(le musée était presque vide à ce moment-là), me faire offrir du travail par un autre directeur du MOMA, si je me souviens bien (c'est tout de même bon pour le moral!!!), rencontrer plus de Québécois artistes qu'ici au Québec... Retrouver dans un vernissage la fille du meilleur ami de mon père, dont le conjoint était un artiste québécois, lui parler des déboires de mon enfance...
Des choses étranges.
Être seule, SEULE dans un tunnel de métro le matin peut-être vers 8 h 30, attendre toute seule ce qui a semblé une très longue éternité, le foutu métro qui n'arrivait jsute pas, et m'inquiéter un peu, hein, n'est-ce pas... les escaliers étant de plus très, très loin... Aller se composer une salade dans le bar à salade d'un dépanneur ouvert 24 h, comme il y en a (avait?) partout...
Depuis, les méchants ont été chassés. J'ai perdu un très bon ami aux mains de New-York et il m'en parle régulièrement.
Pour moi, quand tu parles de spectacle en plein air, c'est que ça n'a pas trop changé. Ma mémoire est chargée de souvenirs d'hyperconsommation, mais de gentillesse, un peu de surprise, je crois, quand je remerciais le restaurateur qui me servait des salades grecques sur mesure parce que je suis végétarienne, d'énergie grande vitesse, où tout le monde semble presser de mourir et où parfois, un personnage s'arrête, comme hors du temps, parenthèse.
Une femme, à l'époque ne pouvait pas parler avec des étrangers. Dommage car mois, j'aime parler aux gens, beaucoup, beaucoup. Nous devions regarder loin devant et surtout, ne pas avoir l'air de touristes qui ne savent pas trop où ils sont et où ils vont.
L'illusion de la réalisation du rêve possible, de la richesse au mérite... Ça paie les diamants.
Pour certaines valeurs, oui, je suis d'accord, autrefois. Mais le vent évangéliste et conservateur s'est levé depuis belle lurette. Ne sont-ce pas les États-Unis qui étaient très en retard en regard du mariage gai, comparé au Canada, surtout au Québec?
Quelqu'un me dira qui est Monsieur Godbless America...
Bien sûr, il ne faut jamais mettre tout le monde dans le même panier. Qui sont LES Américains? Je ne comprends pas la question.
Merci pour cette foule d'informations fascinantes.
Vois tout ce que tu as ramené chez moi.
Je ne regarde pas la longueur de mon commentaire. Je clique comme une débile et je m'enfuis. J'ai souvent de la difficulté à me restreindre ici. Fichtre. Zed ¦)
Zed,
Jeune, j'avais de la famille à Philadelphie. Nous allions les voir assez souvent et passions par NY. J'ai ainsi pu voir cette ville se transformer quelque peu.
La présente ville ne ressemble, dans un certain sens, plus à cette ville des années '70, ville qui fut pratiquement en faillite. Je crois que ce qu'il reste de la ville c'est un spectacle «bruits et lumières» mais le reste s'est... comment dire... «raffiné», quoi que... avec l'enrichissement démesuré il me semble qu'une certaine créativité s'en est trouvée diminuée et le nobisme accru. C'est pire dans certaines villes autour de NY où la richesse individuelle est incroyable.
Les gens sont plus conservateurs, moins extravagants mais ça n'a encore rien à voir avec certaines régions des USA.
En deux mots, pas facile de décrire NY, pas facile de décrire les USA. Le pire et le meilleur s'y retrouvent. Je connais tant de gens qui sont fascinés par cette mégapole qu'il y a mille raisons pour l'aimer et mille autres pour la détester!
Peut-être faudrait-il éviter les analyses globales, comme nous le faisons.
Accent Grave
Accent,
Mon voyage a eu lieu avant que le le « ménage » ait eu lieu. New-York était encore une ville très dangereuse.
Comment se sent-on maintenant, dans les rues, le soir ou tôt le matin, si on y est une femme seule? Tu le sais? On t'en a parlé?
Zed
Zed,
Je ne suis pas une femme, j'ignore ce qui me ferait peur. Bien des femmes ne sortent pas le soir, ici à Montréal. Je suis un mauvais exemple. Aucun endroit ne m'est interdit. Je suis volontairement naïf. Mais pour répondre à la question:
J'y suis allé à NY à quelques reprises ces trois dernières années et à Manhattan, on s'y sent à l'aise, même la nuit. Ma conjointe n'avait pas de mauvais sentiment. Faut dire qu'on voit des flics partout. Même eux ont changé. On se souvient de ces flics trop gras dont la queue de chemise sortait des pantalons et qui disaient «break it up boys» aux gars rassemblés sur le coin des rues.
Il y a sûrement des endroits à éviter mais ce n'est pas comme avant. Je me suis déjà fait attaquer au couteau en plein jour. C'était dans le Harlem du temps. Aujourd'hui ça se gentrifie, seules les familles dont les deux conjoints travaillent s'y installent.
Mais NY c'est NY. Le centre-ville de la plupart des grandes villes américaines est à éviter le soir, Nous devrions parler de «business center» car dans la majorité des grandes villes, les gens n'y vivent pas, il n'y a pas de vie naturelle comme tel, on vit à l'extérieur du centre-ville et on sort à l'extérieur.
En ce sens, mis à part NY, je crois qu'il n'y a que Montréal et San Francisco qui offrent une vie active et normale au centre-ville le soir et les fins de semaime grâce aux gens qui y vivent. On ne réalise pas cela, dans presuqe toutes les grandes villes, on n'habite pas le centre-ville, souvent le métro ne s'y rend pas le soir ou les week-end.
De grandes cités comme Houston, Phoenix et tant d'autres ont un centre-ville absolument désert en dehors des heures de travail.
Accent Grave
Accent,
Effectivement, je n'avais jamais, mais alors là jamais réalisé ça, au sujet du centre-ville. Hum...
Jamais vu de flics comme tu les décris, il me semble ne jamais avoir vu de flics point. Je pense que je suis bien plus naïve que toi. ;)
Je ne suis pas peureuse, peut-être pas assez. Ce qui fait peur à une femme? Toujours la même chose. La force physique et/ou l'arme capable de la dominer, de l'agresser. Comme il y a des millénaires.
Merci pour toutes ces réponses. Pour moi qui ai si peu voyagé et ne voyage plus du tout, c'est vraiment intéressant tout ça.
Zed ¦)
Et vous êtes fascinants à « écouter », il fallait que je vous le dise!
Salut,
Ta prédiction du vote gagnant républicain m'inspire des images d'apocalypse puisque ces cowboys ne pourront tolérer être dépassé par les économies émergentes. Alors ils sortiront les bras pour stopper la progression fulgurante des autres et ainsi retarder le vrai déclin de l'empire américain plutôt que le négocier.
Je me sens vraiment trop loin des Etats Unis pour pouvoir en parler vraiment tout en sachant que leurs "révolutions" nous touchent avec 10 à 20 ans de recul, qu'ils se soient plantés ou non.
J'attends avec impatience cette élection pour voir si tes prédictions sont justes.
Comme tu reviens rarement sur tes pas...
Accent,
Aurais-tu oublié combien il est plaisant pour nous de TE lire, aussi?
Alors, si tu boudes l'ordinosaure, tu peux nous écrire de ton MobileMe, Blackberry, IPhone ou ce que tu voudras... Nous sommes preneurs et preneuses. ¦)
(Est-ce qu'on tente de le soudoyer avec des bleuets, Zoreilles?)
Zed
Accent, juste un mot pour te signaler que ton mois de vacances est terminé et qu'on te rappelle ici...
Zed ;-)
Accent Grave,
êtes-vous en train de nous faire le même coup que Omo-Érectus, disparu du jour au lendemain, alors que je venais tout juste de découvrir sa merveilleuse écriture ?
Ce n'est pas drôle, et si vous êtes trop occupé, donnez signe de vie au moins. J'aime votre signature unique, et ne suis pas la seule.
Pour Montréal vous avez raison. J'attendais plus de cette "métropole" en partant de l'Abitibi pour m'en rapprocher...
Peut-être au contraire de nos voisins du Sud sommes-nous trop peu nationalistes pour faire bouger les choses? Moi ce qui me frappe toujours là-bas, ne serait-ce qu'au Vermont, c'est l'engagement de ces gens envers leur pays. Les musées de toutes envergures y fourmillent et sont de qualité. Des bénévoles y travaillent et nous font visiter avec moult commentaires des vitrines ouvertes sur le passé.
L'autre différence notable, encore une positive, ce sont les salutations accordées par le simple passant aux touristes que nous sommes lors de la marche matinale du matin.
Peut-être faut-il être un peu amoureux fou de son pays comme on l'est d'un homme ou d'une femme pour toujours s'y intéresser?
Écrire que lorsque l'on en a envie.
Sans pression, ni devoir.
Voilà des paroles biens sages, reçues d'un bloggeur tout aussi inspirant.
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