samedi, janvier 29, 2011

Y a-t-il matière à rire?

Il m’arrive de traiter d’actualité, un peu malgré moi. Parler d’un évènement connu de tous, c’est comme rouler avec le frein à main engagé. Que puis-je exprimer alors que tout fut dit ou écrit sur l’affaire? Je ne pourrai que répéter ce que j’ai lu ou entendu. J’ajouterai ici et là un juron, placerai les mots dans un désordre qui m’est propre et pourrai même fabuler un brin, consciemment ou non. Après m’être laissé aller, exprimé mon indignation ou mon approbation au sujet de l’interdiction des virages à droite ou du traitement qu’on inflige à nos vieux, le Monde saura à quoi s’en tenir, je dormirai mieux.

Saviez-vous qu’un dictateur régnait en Tunisie? Qu’il fut expulsé hors du pays à coup de pied au cul? Que son épouse a emporté la petite caisse avec elle? Saviez-vous qu’en Égypte, le même scénario pourrait se produire, je ne sais plus où? À Laval peut-être? Informés comme vous l’êtes, vous saviez ça. Tant mieux, ce n’est pas le sujet de ce billet.

Ouvrons une parenthèse : avez-vous remarqué, dès qu’un dictateur s’enfuit, sa femme ou ses proches se font du souci au sujet de la petite caisse alors que pendant leur règne, personne ne se préoccupe de l’économie nationale? J’aimerais voir la scène où ils font leurs valises! Fermons la parenthèse.

C’est la suite qui m’intéresse; le grand voyage. Quand des millions de concitoyens veulent votre peau, brulent votre effigie et que les forces policières vous abandonnent, il est recommandé de partir en voyage sans trop tarder. Vous avez tous voyagé, vous savez qu’un voyage, ça se prépare. Ainsi, les proches du dictateur tunisien, dans leur grande sagesse, avaient acheté une jolie demeure à Montréal, à Westmount pour être précis. Personnellement, je crois qu’ils ont fait une erreur, car à Westmount on parle anglais. Ils pourraient éprouver quelques problèmes sur le plan linguistique. Ces gens étaient même devenus résidents canadiens. J’ai aussi noté que si vous avez beaucoup de fric, les tracasseries administratives sont vite réglées. Obtenir un statut de résident, une citoyenneté ou d’autres privilèges devient un jeu d’enfant. Ces gens s’adressent toujours au bon guichet. Je me demande comment ils font.

Et le bon peuple s’en fout. Le bon peuple, celui qui habite la maison voisine de ces Tunisiens est heureux d’avoir un tel entourage. Le pays est toujours heureux de recevoir des « investisseurs ». On ne pose aucune question quant à la provenance de ces fortunes. Les marchands locaux font de très bonnes affaires avec ces gens bien élevés, instruits et respectueux. Pour dire vrai, tout le monde est fier de poser en compagnie de ces hauts dignitaires, de ces grands dirigeants qui ignorent comment perdre une élection… jusqu’au jour où on nous dit que se sont des tyrans, des dictateurs, des voleurs, des tortionnaires… des espèces de Vincent Lacroix de la politique, des criminels innommables. Bien sûr, pendant qu'ils sont nos amis, faut pas employer ces qualificatifs.

Et là, on s’offusque. Oui madame, oui monsieur! On se scandalise! On exige leur expulsion, nous devenons les meilleurs amis de la Tunisie alors que la veille on ignorait sur quel continent se trouve ce pays et si on le savait, c’est parce qu’on y est allé pour se balader en chameau, acheter un ou deux tapis et manger des dattes lors d’un voyage hors saison (c'est moins cher). Toujours est-il que nous refusons que ces despotes résident sur notre territoire, que leur argent « sale » puisse servir à leur mode de vie aristocratique et que leur seule présence projette une mauvaise image de nous, fiers Canadiens. Quelle hypocrisie! C’est là que je voulais en venir.

Pendant que ces autocrates et oppresseurs exploitaient leur population et exportaient le trésor tunisien au Canada et ailleurs, surtout ailleurs, cela ne nous choquait pas du tout, pourvu que nous puissions nous rendre en Tunisie pour y passer quelques jours bien au chaud. Je ne suis pas outré, je m’étonne simplement qu’aujourd’hui l’on fasse les vierges offensées face à ces potentats ayant prévu s’installer chez nous en cas de coup dur.

Que dire de Steven Harper qui devient, aussi soudainement que les autres, celui qui dit tout haut : « vous n’êtes pas les bienvenus au Canada ». C’est comme si Harper briguait la présidence de Greenpeace! Monsieur Harper, ils étaient les bienvenus au Canada alors qu’ils perpétraient leurs crimes, vous leur avez octroyé ce statut de résident! Maintenant, c’est trop tard, ce sont de vrais réfugiés et la procédure d’immigration canadienne ainsi que ses lois devraient jouer en leur faveur. On dit que le Canada n’a pas d’entente d’expatriation avec la Tunisie. Réfléchissez, quel intérêt l’ex-dictateur tunisien aurait-il eu à négocier une telle entente avec le Canada alors que ses proches avaient déjà leurs billets pour le Canada! N’y a-t-il pas matière à rire?

Voilà ce qui m’a fait réfléchir. Je me suis dit : c’est n’importe quoi. Pour l’argent, on ferait n’importe quoi et pour des votes, on ferait la même chose… ou le contraire. Qu’est-ce qui est plus payant: recevoir Ben et ses amis ou le mettre dehors? Ça dépendra des sondages.

Cette semaine je n’ai rien fait pour améliorer le Monde, je me suis simplement étonné que certains collègues qui ignoraient probablement l’existence de la Tunisie puissent «s’indigner» que le beau frère (qu’ils ne connaissent pas) de Ben Ali (qu’ils ne connaissent pas non plus) se terre chez nous.

Accent Grave

18 commentaires:

Salvadorali a dit…

ouh la, ne parlez surtout pas de sondages, vous risqueriez d'en provoquer un ;-) vous avez remarqué que je parle des sondages comme des tempêstes voire des ouragans, le petit papillon a intérêt à pas battre trop fort des ailes...

mais il y a quand même une justice, mon cher : la tribu benalotrabelsienne est privée à jamais des délices de la tunisie authentique et touristique et tutti quanti...

donc ce que valent réellement les milliards que les dictateurs détournent, et ce que vaut réellement l'honneur des politiciens qui les cautionnent ici ou là, tout cela ne parait plus guère impressionnant.

brigetoun a dit…

ben si la femme et l'entourage se souciait de l'économie nationale, c'était leur porte-monaie.
Quant aux attitudes à distance j'ai vu dans je ne sais plus quel journal deux dessins qui sont parlants
Sur le premier un brave homme regarde à la télévision des manifestants hurler "pitié !" et il verse une larme en disant "les pauvres"
sur le second les manifestants crient "accueillez-nous" et il saute, horrifié, hors de son fauteuil.
Une chose aussi, je n'ai jamais eu de problème pour faire accepter comme locataires des familiers du sultan du Maroc, en dessous d'un certain revenu c'était nettement plus difficile

Accent Grave a dit…

Salvadori,

Que c'est vrai. Après un certain temps, le simple fait de ne plus être en mesure de retourner chez vous, devient invivable. On n'a qu'à penser à Duvalier!

Dans le cas du bonhomme qui se trouve ici, nous parlons d'une ÉNORME fortune, une fortune dont le pays a besoin. Sauf qu'ici, il faut suivre les lois, nous ne sommes rarement en mesure de faire autre chose. L'indépendance des pays ça existe.


Brigetoun,

Et oui, l'argent parle, un langage internationnal existe bel et bien. Ce ne sont pas des dinars que ces réfugiés transportent. Ces dinars ne valent rien à l'extérieur du pays, justement à cause d'une économie nationale désastreuse.

Accent Grave

Salvadorali a dit…

@ brigetoun

en dessous d'un certain revenu, tous les émigrés sont gris, c'est très vrai ;-)

mais je te signale que le Maroc n'est pas un sultanat mais un royaume, plus précisément une monarchie héréditaire ET constitutionnelle, ce qui change tout...

il se trouve également qu'à la différence des autres états du maghreb et du monde arabe, le Maroc est le seul où le bien-être de la population est réellement au coeur des politiques publiques, rien à voir avec la tunisie et encore moins l'égypte ni l'algérie...

micheline a dit…

revenue relire à deux cet article riche de vérités, nuances et subtilités

Kaou a dit…

Si certains gouvernements accidentaux entres autres les étaits unis arrêtaient de soutenir ces despotes, ils n'auraient pas pu régner aussi longtemps...Voyez ce qui se passe en Égypte..Le pays est à feu et à sang mais le président Moubarak vieux dictateur de 82ans est maintenu au pouvoir par les USA par peur qu'un nouveau régime islamiste prenne le pouvoir dans ce pays...Ils sacrifient tout un peuple au nom d'un soi-disant combat contre le fanatisme
Seulement ce sont toutes ces injustices justement qui alimentent le fanatisme en question...
C'est entrain de bouillir partout actuellement, au yamen, en jordanie, en syrie, en lybie, en Algerie, en Mauritanie...Pas au Maroc toutefois ou un bon bout de chemin est déjà entrepris par le nouveau monarque sur le chemin de la démocratie...

Les peuples de l'Afrique du nord et du moyen orient verront venir des jours très difficiles à cause de leurs dictateurs qui vont s'accrocher bec et ongles au pouvoir ...Et avec la bénédiction de l'occident ...

Accent Grave a dit…

Micheline, Kaou,

L'hyppocrisie à laquelle je faisais allusion est celle des gens ordinaires, enfin, un bonne partie de ces gens, ceux qui ne se préoccuppent absolument pas de ce qui se passe ailleurs, mis à part la qualité des stations balnéaires.

On ne se surprendra pas que les grandes puissances (mais aussi les puissances moyennes) favorisent des dictateurs qui leurs sont favorables. Ça n'excuse rien, mais ça ne surprend personne. Chaque peuple doit prendre son destin en main, personne d'autre ne peut le faire pour eux. Demande aux autres États de ne pas profiter des pays moins bien gouvernés est une utopie.

Je n'aurais pas dû parler du Maroc, il n'est pas dans la même catégorie, sans l'enlever du texte, je vais le biffer. Cependant, plusieurs autres pays auxquels vous faites allusion pourraient être ajoutés à la liste.

Au sujet des forces islamistes, en surréagissant contres ces dernières, elles gagneront en effet du pouvoir. Faire tomber un dictateur est une chose, implanter un nouveau gouvernement plus équitable alors que ce n'est pas dans les moeurs, cela crée de l'instabilité et un terreau fertile pour bien des groupes dont les intentions ne sont pas toujours honnêtes.

Accent Grave

hpy a dit…

C'est "toujours" comme ça, que ça se passe! Jusque là, la Tunisie était un paradis pour les touristes et personne ne s'occupait de savoir de qui fait quoi, quand, comment et pourquoi. Mais dès que ça bouge, tout le monde est au courant de tout, clame ceci et cela et son contraire si ça les arrange. De toute façon, on fait toujours ce qui nous arrange...

Salvadorali a dit…

Accent Grave

Merci pour ta sagesse et ton humilité !

Ah, si les soi-disant professionnels de l'information pouvaient en prendre de la graine !
Aujourd'hui, sur la chaine parlementaire française, un journaliste pourtant chauve et chevronné ;-) essayait de faire dire à Mme Elisabeth Guigou que le Maroc était à ranger dans le même lot que l'égypte, l'algérie et la Tunisie. Il a fallu que la sénatrice lui explique que contrairement au maroc qui est une très ancienne monarchie (et le premier état souverain, c'est le cas de le dire, à avoir reconnu officiellement les états-unis d'amérique) la Tunisie par exemple était effectivement une dictature. Mais j'ai bien senti que le journaliste n'avait pas démordu, en son for intérieur, de sa réponse à lui.
Reste à expliquer, notamment aux occidentaux légitimement terrorisés par les crimes abominables commis au nom de l'Islam, que cette religion n'est pas un "isme", ou alors un humanisme...
Allons, rions-en quand même avec ceux qui se sont permis de faire dire posthumement au prophète Mohammed (SP) : c'est dur d'être aimé par des c.

Jackss a dit…

Accent grâve,

j'avoue mon ignorance en matière de politique internationale. Et pourtant, ce n'est pas l'intérêt qui manque.

Je lis, je me documente. Et je ne réussis pas à saisir cette réalité qui fait toute la différence entre ces régimes et le type de semblant de démocratie que l'on connait dans notre petit univers.

J'ai mes interprétations personnelles. Je ne suis pas en mesure de savoir si elles ont des assises solides. Mais ce qui me frappe le plus, c'est justement l'incohérence avec des valeurs que l'on met de l'avant et les alliances que l'on créent sans conditions. C'est même mal vu qu'un homme politique crie trop fort en faveur de droits de l'homme dans un pays qui les bafoue.

Les alliances stratégiques et les intérêts économiques passent avant tout. Je crois qu'on n'a pas encore trouvé le moyen de mettre en place une table pour faire siéger les hommes de bonne volonté de toutes les nations qu'on dit faire partie de la communauté internationale. On n'a pas trouvé de table pour discuter honnêtement des conditions d'épanouissement de toutes les sociétés du globe.

On ne peut compter ni sur les Nations Unies ni sur aucun autre organisme. Quand on pense qu'on a choisi le colonel Kadafi comme représentant pour les droits de l'homme, on réalise tout le chemin à parcourir. Les dictatures, les régimes corrompus, les régimes démagogiques ont tout le champs libre pour exploiter des foules maintenues souvent dans l'ignorance.

Je crois aussi que la misère, le chômage, le désespoir sont alimentés par les multinationales qui vont chercher partout les ressources nécessaires permettant normalement aux différentes communautés de vivre honorablement. Tout ce qu'il y a dans le sol et le sous-sol d'un pays ne devraient jamais appartenir à d'autres pays que ceux où elles se trouvent.

En ce sens, je crois fondés les demandes des communautés arabes qui demandent aux occidentaux de rentrer chez eux. Il faudrait, je pense, une table pour en établir les règles et les mécanismes de transition. Mais encore faudrait-il trouver les bons interlocuteurs, ce qui est tout un défi. Il y a beaucoup de chemin avant de devenir civilisés.

P.S. Je trouve souvent très drôles les mots de vérifications que l'on doit inscrire avant de soumettre notre commentaire. Celui que je dois présentement transcrire est defec. C'est pas une blague.

Accent Grave a dit…

Jack,

Il y a dans vos propos une partie de rêve et un côté réaliste.

Chacun voit à son propre bonheur, sa propre fortune, peu importe ce qui advient au voisin. Et le voisin pense ainsi. S'il était plus puissant, les rôles s'inverseraient, tout simplement.

De plus, chacun convoite ce que le voisin possède. Les humains ne sont pas tous égaux ou disons que parmi les humains, certains sont plus «égaux» que d'autres!

Il y a une grande vérité dans votre commentaire, et pas besoin d'être un spécialiste de la politique pour voir ça, quand ça nous avantage, on ferait des affaires avec le diable et quand il ne nous est plus utile, on le réfute.

Le simple citoyen se comporte de la même façon: il ne se préoccupe absolument pas d'où vient son pétrole et autres biens, du moment que ça coûte pas cher, ensuite, il reniera ce même type qui vend à bas prix les biens de son propre pays, en échange de rétributions bien sûr.

Ce billet traitait des faux culs, de nous tous, en un sens!

Accent Grave

Zoreilles a dit…

Je me permets de vous corriger, Accent Grave, non, tout n'avait pas été dit ou écrit sur l'affaire, il y manquait votre billet!

Très instructif et intéressant, votre billet, de même que les commentaires qui suivent, où j'ai pu faire des liens et enfin intégrer un peu, grâce à ce point de vue unique et réaliste, les informations que j'avais glanées ça et là, au fil de mes lectures, des images et faits dont on nous inonde inlassablement sans la moindre analyse ni le plus petit semblant de parti pris. On nous surinforme, c'est vrai, mais par des topos de deux minutes pré-formatés, on fait le survol d'une situation compliquée qu'on n'arrive jamais à situer dans son contexte historique, social, géographique, politique, etc. Tout cela est bien trop aseptisé pour mes pauvres petites neurones surchargées.

Souvent, ça me fait penser à un beau grand escalier dont il me manquerait les trois premières marches, je ne ne peux pas plus accéder à l'étage...

Alors, pour moi, en politique internationale, la seule manière de m'approprier de l'information pour la comprendre et l'analyser dans son contexte, c'est souvent de la transposer à plus petite échelle, plus près de moi. Notre planète est si petite et pourtant, le monde est si vaste et si complexe, les intentions réelles relèvent quasiment du domaine des sciences occultes! Et je n'ai plus de collègues pour en discuter, comme vous le savez, je suis travailleuse autonome.

Merci d'avoir démêlé ça pour moi. Vous venez de construire les trois premières marches de mon escalier, aidé par les commentaires qui suivent ce billet. Là où je vous rejoins, c'est quand vous êtes étonné de l'indignation de vos collègues. J'en reviens pas moi non plus, des fois, de la compréhension des choses, de la lecture des événements que font les gens autour de moi.

Accent Grave a dit…

Zoreilles,

Beaucoup de matière dans votre commentaire, nous pourrions le diviser et traiter longuement de chaque partie.

Je suis très loin d’être un spécialiste en affaires internationales, je ne me vanterai jamais de cela. Je suis un simple observateur qui glane, comme vous, des informations ici et là, par le biais d’échanges ou de lectures.

À ma faveur, je dirai que j’écoute très rarement les bulletins de nouvelles qui, comme vous le dites, sont vides de contenu, d’explications et qui, en voulant faire montre d’une excessive et illusoire objectivité devient insignifiante, désinforme, en plus d’être ridiculement brève. Je n'y vois pas de complot, seulement de la bêtise.

Si vous regardez autour de vous, comparez avec ce qui se passe ailleurs et si en plus vous suivez l’argent, vous comprendrez tout ce qui se passe, et vous comprenez très bien. Faut juste pas perdre de vue qu’il s’agit d’humains, ne pas se laisser influencer par les apparentes éruditions et le décorum entourant certains hommes de pouvoir.

Dans ce billet, je parlais des gens ordinaires qui théâtralement jouent aux scandalisés pour harmoniser leurs propos au « bon ton » du moment. Vous travaillez seule. Peut-être est-ce mieux ainsi. Pas plus tard qu’hier, l’air sérieux, je disais à un collègue qui se scandalise que l’on reçoive un membre du clan d’Ali : « Pourquoi ne pas l’accepter en échange de son incommensurable fortune. Nous pourrions ainsi construire l’amphithéâtre de Québec, réparer nos routes et effacer notre déficit? ». Vous devinez que le type a trouvé l’idée géniale, lui qui aurait lapidé le dictateur pour avoir exploité ses «sujets»! L’idée que cet argent appartenait justement à son peuple n’ayant jamais effleuré son esprit.

Mon collègue n'est pas plus bête qu'un autre, il n'a tout simplement pas réfléchi, comme nous le faisons souvent quand il est question de sujets majeurs. Ça aussi c'est humain... et assez curieux.

Ils sont fous ces humains!

Accent Grave

Salvadorali a dit…

@ Accent grave
solidarité avec l'amphithéâtre de Québec !

@ Jackss
on devrait pouvoir compter et pas qu'hélas sur les Nations Unies, il suffirait de remettre de l'ordre dans la place ;-)
un jour un écrivain un peu allumé avait tenté le coup, c'était Romain Gary je crois avec "L'Homme à la Colombe" si ma mémoire tient le coup...
mais l'avantage d'etre au bal des faux-culs, c'est qu'on le sait et les faux-culs aussi.

Accent Grave a dit…

Vous m'excuserez mais finalement, je ris un peu de tout ce qui se passe dans ce coin du Monde.

L'amérique, comme le reste de l'Occident a peur, craingnant de perdre son influence sur les dictateurs actuels. Les pays limitrophes ont peur qu'un vent de révolte n'atteigne leur pays. La Chine a peur que cette révolte n'incite ses citoyens à faire de même!

Tout serait inter-relié! L'effet papillon? Qui donc a commencé la bal? En Tunisie? Un gamin jouant avec ses copains qui aurait crié « À mort le dictateur »? L'enfant aurait fait trembler la Chine? Faut en rire! Voilà peut-être un exemple de la petite histoire s'imbriquant dans la grande.

Accent Grave

leila a dit…

Non, ce n'était pas un gamin, il s'appelle Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de 26 ans, il s’est aspergé d'essence et s'est immolé par le feu devant la préfecture. La police municipale venait de lui confisquer sa charrette de fruits et légumes parce qu'il n'avait pas les autorisations nécessaires.

La charrette confisquée était le seul gagne-pain de ce jeune homme, diplômé mais chômeur. C'est le désespoir qui l'a fait réagir aussi violemment et il est devenu le symbole de la révolte contre la dictature

Accent Grave a dit…

Leila,

Oui, on a entendu parler d'immolés, de désespoirs. De gens fortement diplômés qui ne trouvent aucun boulot dans leur domaine. D'ailleurs, plusieurs veulent s'installer ici et rencontrent parfois les mêmes problèmes!

Ce qui m'étonne, ce sont ces événements locaux, aussi dramatiques soient-ils, qui emflamment une région, le Monde. Pensons à la première guerre mondiale! Pourquoi ça et pourquoi pas autre chose? Est-ce parce que le verre est plein, que la goutte est de trop? Que l'élastique est trop étiré? Faut bien qu'il pète un jour!

Accent Grave

Air fou a dit…

»Accent

Je me demande par quel bout prendre ce billet. Hyprocrisie? Hummmm... Me semble simpliste. La structure sociale structure aussi les idéologies et les valeurs qui la nourrissent et permettent de la reproduire autant que possible. Hypocrisie : savoir et faire semblant de ne pas savoir. Ne pas vouloir savoir, ne pas se donner les moyens pour savoir? Et savoir quoi? On fait quoi une fois qu'on sait que la structure sociale ne SERA pas questionnée fondamentalement avant des lustres, car encore maintenant, la durée éphémère de la vie individuelle fait que de risquer de perdre le peu ou le beaucoup que nous avons avec quels moyens (l'immolation? le don de sa vie pour tenter de racheter l'honneur familial ou dans l'espoir de s'accrocher une récompense dans un autre monde (sic) et d'éliminer simultanément des « méchants »?).

Chapeau bas à celles et ceux qui luttent en ce moment pour la démocratie et la laïcité de l'État. À suivre de près, qui sait comment le vent des idéologies et croyances tournera? Après l'insécurité, la mort, le chaos, l'envie de se raccrocher au « paradis », au « sauveur », à la « vérité », devient pour beaucoup attrayante.

Et de quoi ne parle-t-on pas en ce moment et qui serait susceptible d'être au moins aussi dégueulasse? Nous l'ignorons, ce n'est pas encore sorti du placard. Hypocrites pour autant? Je ne crois pas. Plus complexe que cela.

D'autre part, être médecin ici et ailleurs, c'est pas pareil. Il en va ainsi pour d'être électricien et de bien d'autres métiers. Il y a des ajustements à faire, sur les plan des approches aussi, des normes, (l'ami ISO? Qu'est-ce que tu fais là?) de la culture, etc. Je ne crois pas au méchant Québec de ce côté. Mais à de la fort mauvaise gestion, ça, oui. En fait, fort mauvaise... faut préciser que ce jugement est posé d'un point de vue citoyen! Car du côté où cela rapporte, elle semble bien rodée, capable de s'excuser, un peu, dans la bouche de ces gens qui ont à perdre, faute de promettre encore plus beau pour faire oublier les promesses et engagements non-tenus précédents.



»Salvadorali

OUF...

Et le Maroc serait donc le paradis???

Non, je marche pas du tout du tout, là.

À microscopique échelle, en comparaison, pas plus d'accord avec l'amphithéâtre de Québec. Quelle mauvaise gestion, versée vers le vote et la mise en marché.

Mauvaise gestion, du point de vue des citoyens. Pas de ceux qui empochent.


Zed