dimanche, juillet 31, 2011

Niaiseries estivales

Dans quelques semaines la saison estivale prendra fin. Les journées raccourcissent. Le Canadian Pif Paf local remplace sa marchandise sur ses tablettes. Les instruments de torture comme les tondeuses, pelles à jardin, bêches et brouettes se vendent à rabais.

Les prochaines saisons rendront notre vie plus agréable. Ceux qui veulent croire que la belle saison est l’été devront attendre 10 mois mais pourront séjourner à leur hôtel-prison préféré cet hiver. Je parle des établissements où vous portez un bracelet aux couleurs de votre prison dotée d’une cafétéria aux menus économiques mais gratuits pour les résidents des cellules situées à la même adresse, dans un pays pauvre de l’hémisphère sud. Là-bas on peut faire des profits avec des bas prix et donner l’illusion aux clients-prisonniers qu’ils sont riches et importants. Le paradis et l’enfer en même temps.

Reste le mois d’aout à passer… celui-là on ne sait pas trop où le classer. Le mois d’aout rejoint parfois le clan de l’été et parfois il se colle à septembre.

Avec l’automne, la vie reprendra. On nous apprenait que le printemps est renaissance. De la propagande! En introduisant la saison estivale de cette façon, on voulait convaincre les gens de prendre leurs vacances en été, période trop chaude pour travailler à l’usine où l’efficacité est douteuse. Et puis, faut permettre le travail de la terre et les récoltes. On leur a donc répété mille fois qu’il valait mieux utiliser les deux ou trois maigres semaines de congés en été pour suer, retourner la terre, rôtir sur le sable, se réunir par dizaines de milliers pendant des heures dans un parc pour entendre des sons discordants ou se retrouver avec des centaines d’autres personnes dans une piscine mixte (50% chlore / 50% pipi). On a convaincu des gens qu’il s’agissait de plaisirs, que c’était sain, même les journaleux des médias médiocres y ont cru.

Tant de gens y ont cru que dans mon patelin c’est mort! La semaine dernière j’ai vu une marmotte au milieu de la rue et elle n’était pas morte. Si les cambrioleurs n’étaient pas à Old Orchard en train de bouffer des « fried dough » ils pourraient vider les baraques avoisinantes.

Au sujet des médias, c’est à se demander si l’actualité elle-même n’existe plus en été. Je ne le crois pas sauf qu’en ne parlant plus d’actualité, c’est comme si elle n’existait plus.

En octobre, si un évènement, même mineur, se produit, on en fait la manchette, on en parle et on en reparle au point que l’homme de la rue (et la femme) en reparle aussi, s’en savoir pourquoi. En été toutes les règles changent. Les journaleux partis manger du homard à Ogunquit sont remplacés par des aspirants journaleux et ce, à la radio, à la télé ou sur papier non ciré. Soyons clairs, y’a des journaux comme celui de Montréal où on ne voit à peu près pas de différence mais moi qui ne prend pas de vacances en été, j’écoute la radio en voiture, je regarde la télé le soir puisque je peux me coucher tard, puisque je ne travaille pas fort le jour puisqu’au travail il n’y a presque personne. Je pourrais donc rester debout toute la nuit à écouter de bons films. Mais non! On dirait que les bons films aussi sont partis en vacance! C’est un véritable complot. Plusieurs disent qu’il serait plus simple de faire comme tout le monde, de prendre congé en juillet. Ils ne m’auront pas!

Pensez à l'incident qui s'est produit récemment. Je ne parle pas de l’incident norvégien. On ne sait même pas où est la Norvège. Notez que cela m’a surpris d’apprendre que 500 jeunes Norvégiens se rendaient sur une ile pour parler politique. Je faisais référence à quelque chose de plus important, de cette rumeur voulant qu’un groupe d’hommes d’affaires (méfiez-vous de cette expression) souhaite ramener un club de baseball à Montréal. En temps normal, c'est-à-dire en dehors de l’été, cela aurait fait les manchettes de TOUS nos journaux. Les ondes radios auraient surchauffées, à la télé on aurait revu Mack Jones en train de signer des autographes et le PM Bertrand lancer la balle inaugurale. On aurait usé le sujet, on l’aurait vidé de tout, même de son sens. On aurait débattu de la chose, le sang aurait coulé! Le maire de Québec aurait fait une crise pour avoir lui aussi une équipe de baseball et un stade neuf payé par les contribuables. Malheureusement pour vous et heureusement pour moi, ça n’a pas fait les manchettes. Je suis certain qu’en septembre le sujet ressuscitera. La vie reprend en septembre.

Je dis ‘heureusement’ parce que le baseball ça se passe pendant l’été et comme l’été, ça ne m’intéresse pas. Entendre la description d’un match de baseball en été (torture sous-estimée par les nazis) se comparerait à décrire une partie de billard à la radio pendant que vous suez sur votre balcon de la rue Frontenac à Montréal. Je m’excuse auprès des amateurs de billard. Je voulais signifier que l’actualité n’est pas en congé mais qu’on a cette impression à cause des vacances.

Y’a des évènements importants qui se sont produits comme la venue du Prince machinchouette. On a traité de la chose dans les médias mais c’était juste AVANT la période des vacances. Ces gens-là savent quand prendre leurs vacances. En fait, ils n’ont pas de vacances, ils travaillent tout le temps, à moins qu’ils ne travaillent jamais et qu’ils soient toujours en vacances. Je suis mêlé, l’important c’est qu’on a vu le jeune couple royal et comme la princesse a «l’air bin fine et qu'a parait bien», on a renoué avec la monarchie. J’ai moi-même aperçu ces tourtereaux! Pas en personne mais sur une photo, sur la rue St-Denis, en face de l’Institut d’Hôtellerie du Québec. Eh oui, en compagnie de chefs, ces deux énergumènes font semblant de boulanger quelque chose. C’est maintenant l’image que veut projeter l’Institut d’Hôtellerie et de Tourisme du Québec. Quand t’es né pour un p’tit pain, tu boulanges avec un Prince.

Note aux Parisiens : À Montréal, la rue St-Denis n’a rien à voir avec celle de Paris.

Je voulais parler ce que j’ai retenu de l’été, je parle de GRANDS évènements. Pas facile de trouver des sujets en été, c’est tellement ennuyant. Comment savoir si DSK a couché avec une autre femme de chambre puisque qu’il n’y a plus de journaliste sérieux au travail? Qui est resté pour couvrir les faits divers en Montérégie? Les plus futés agissent; Jean Charest a marié sa fille en France (sachant les journalistes dans le Maine) et Layton a passé le flambeau à quelqu’un d’aussi connu que les autres députés NPD. Harper élabore surement son plan à venir. On m’a dit que bien des gens ont faim en Afrique, ils devront tenir le coup jusqu’en septembre. À part ça, je ne sais pas ce qui s’est passé dans le Monde.

Hier je me suis rendu à ma librairie locale. On a placé les dictionnaires bien en vue, on place la marchandise pour la rentrée. Elle s’en vient cette rentrée scolaire. L’été c’est tellement pénible que certains enfants ont hâte de retourner en classe, c’est tout dire! Les activités multiples reprendront leur cours, de nouvelles séries télévisées seront diffusées, même les sports d’été attendent le temps frais pour entamer les séries éliminatoires, les ponts seront de nouveau fréquentés et nos extraordinaires animateurs radio sauront vous scandaliser de mille façons, sur tout et sur rien.

Tenez bon, il ne reste que quelques semaines à souffrir.

Accent Grave

30 commentaires:

Cristophe a dit…

Tu publies cet article alors que tout le monde est en vacances ? Il n'aura aucune audience ! d:-)

Accent Grave a dit…

Christophe,

Bienvenue parmi nous, ceux qui savent que pendant l'été, il faut resté collé à son ordinateur! C'est un test.

Vous avez pleinement raison, j'avais oublié de mentionner que les blogueurs aussi se retirent pendant l'été.

Accent Grave

Accent Grave a dit…

Et que dire de Pédale Blais Pédale!

Ce blogueur invétéré qui est à la fois un voyageur, un amant du vélo et un épicurien a su rouler de Vancouver jusqu'ici (il se rend à Port Cartier) en écrivant quotidiennement ses impressions sur son blogue.

Mille bravos à Blais!

Accent Grave

Yvan a dit…

Blais est mon Boomer préféré.
Pis c'est pas un boomer dans l'fond
à bien y penser.
C'est un amant du vélo,nuance.

Il est un lien inter-générationnel.

Bravos! Bis!

Accent Grave a dit…

Yvan,

Tout comme vous, je ne peux associer notre cycliste à une époque particulière.

Par la force des choses nous appartenons à une époque et en même temps chacun ne peut se limiter à une image inventée par je ne sais trop qui.

Accent Grave

Guillaume a dit…

Que c'est rafraîchissant de lire ce texte (et je ne parle pas en terme de température). Merci. Ça brise mon isolement, moi qui déteste l'été comme tel et la manière dont notre société perçoit cette saison et essaie de nous l'enfoncer dans la gorge. Vivement l'automne !!

Delphine a dit…

Cher Accent, vous avez dramatiquement raison, si, si malgré vos pinces à linge, j'ai percé à jour le secret de votre sourire estival. Plonger dans l'actualité et n'en ressortir qu'avec ce qui flotte un peu plus au vent, huile de bronzage en prime. La Belgique n'a pas eu droit au chapitre, j'aurais envie de crier tant mieux, même si ça me fait pleurer... Votre billet cynique et criant de vérité me laisse finalement interloquée, envie d'en discuter pendant quelques heures autour d'un café!

Jackss a dit…

Bonjour Accent grâve

C'est toujours intéressant de te lire. Par hasard, je viens tout juste de passer sur le blogue de Pédale, pédale. Et, j'ai eu une réaction semblable à la tienne.

C'est l'été et le temps me manque moi aussi. J'aurais pourtant bien des choses à raconter, entre autre concernant la passion des jeunes pour la politique, le baseball, etc.

crocomickey a dit…

Je suis totalement gaga devant le journalisme estival.

Accent Grave a dit…

Guillaume, Delphine et Jacks,

Nous partageons au moins une chose, notre sentiment face à l'été. Je réalise que bien des gens sont de mon avis. Nous pourrions fonder une association, celle des amateurs de temps frais.

Nous pourrions contester l'utilisation de l'expression "beau temps" pour les jours où il fait chaud. Depuis quand fait-il "beau" parce ce qu'il fait chaud? On dirait que le monde entier en a contre les journées nuageuses. Non mais... ils sont fous ces moutons!

Nous vivons dans des pays relativement riches parce qu'il y a de l'EAU. En été, surtout quand il "fait beau", les amateurs de la saison estivale ressentent le besoin de se rachaîchir. POURQUOI? S'il "fait beau" quand il fait chaud, pourquoi s'équipper de système d'air climatisé? De piscines? S'enduire de crème solaire? Pourquoi protéger ses yeux avec des verres spéciaux? Pourquoi quand il "fait chaud" doit-on s'informer si nos vieux ne souffrent pas trop? Pourquoi quand il "fait beau" doit-on arroser plantes, jardins et potager?

Vive le vent! Vive la nuit! Vive la neige! Vive la pluie! Vive les nuages! Vive les orages! Vive les journées ensoleillées de temps à autre! Vive la VIE! Vive le Québec! Vive la Belgique et Vive Blais qui pédale sous toutes les températures!

Accent Grave

Accent Grave a dit…

Croco,

Il existe certainement quelques bons journalistes (très peu) mais la plupart de leurs collègues ne sont pas impressionnants. En été, c'est pratiquement un cirque.

Accent Grave

Zoreilles a dit…

Que ça fait du bien, ce texte! Comme un grand vent de fraîcheur par une journée de canicule. J'ai tellement ri. À cause de vos définitions... Hilarantes!

Ma perception du mois d'août, c'est que le pire est passé. Je le classerais avec l'été, moi, mais le meilleur de l'été. Le plus supportable de l'été. Il y a des nuits fraîches, des jours ensoleillés à 20 degrés, avec un calme dans l'air, dans la lumière, personne ne s'énerve, on n'a plus besoin de tondre, les fleurs sont belles, la nature est généreuse de ses fruits et la récolte est abondante. Mais par-dessus tout, (là, je vais dire une énormité) le monde reste chez eux, la maudite visite est toute repartie au mois d'août, on peut enfin profiter de son chez soi tranquillement. Si je vivais seule, je prendrais mes vacances en août.

Vraiment, je crois que le pire est passé.

Accent Grave a dit…

Zoreilles,

Arrêtez! Vous allez me faire aimer le mois d'août. Jusqu'ici je le classais avec ceux que j'éliminerais du calendrier si j'en avais le pouvoir.

Bien que c'est le mois des récoltes. Avec septembre, c'est le mois pour acheter ses légumnes au marché!

Mais là où vous me surprenez, c'est quand vous me parlez de la visite, je vous croyais plutôt favorable à la vie... en communauté. Sans dire que votre demeure est un kibboutz, j'étais sous l'impression que la visite faisait partie des meubles chez vous!

Là, je me demande comment vous allez vous en sortir (rire)!

Accent Grave

Zoreilles a dit…

Je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris d'écrire ça... en tout cas, je n'aurais jamais pu lancer un pareil cri de détresse (!) sur mon propre blogue où plusieurs viennent prendre de mes nouvelles!!! Ne répétez ça à personne, promis?

Mais le pire, c'est que c'est vrai, vient un moment où la visite est maudite!!! C'est ce que l'été représente pour moi, parce que les gens voyagent plus et tous en même temps. J'ai beau recevoir régulièrement et aimer le monde, quand c'est trop, ce n'est plus un plaisir, parce qu'on n'a pas le temps de reprendre son souffle et de se ramasser entre les différentes entrées et sorties de tout un chacun.

On est la maison familiale pour nos deux familles. Nos mamans sont âgées... Le monde attire le monde... Il y a trois repas dans chaque journée et je déteste cuisiner quand il fait chaud!

Vous me connaissez pas mal, depuis le temps qu'on échange sur les blogues, mais vous ignorez peut-être que j'ai autant besoin de ma très chère solitude que de ma très chère liberté...

Une sorte d'ermite sociable!

Non, je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris, ça doit être mes semi-vacances qui m'ont rendue délinquante. Mais je ne regrette rien après que c'est dit, je persiste et signe, « la maudite visite, elle reste chez elle au mois d'août et juste pour ça, c'est un merveilleux mois »!

Zoreilles

P.S.: On ne vous en passe pas une, vous? Je retourne dans le bois...

Accent Grave a dit…

Chère Zoreilles,

Ça commence bien ma journée que de lire un tel commentaire! Je suis vraiment content de lire votre commentaire direct et franc! Ça fait du bien!

Quiconque lira ce commentaire comprendra vos propos.

En effet, en vous il y a la femme sociale mais aussi celle qui a besoin de se ressourcer, de réfléchir, de méditer et.... de rien faire.

De toute manière, pour bien observer le Monde, il faut savoir être en retrait, de temps à autre du moins. De plus, des vacances, ça peut aussi se passer chez soi, à la condition de ne pas avoir à cuisiner pour une armée, de ne pas avoir à entretenir la discussion ou organiser des activités. Finalement, on vous prive de vos vacances. Les gens, même ceux qu'on aime et qui nous aime, ne savent pas deviner ou tout simplement comprendre qu'un balancier ça se dérègle si une pression indue est appliquée.

Je suis passé d'un extrême à l'autre et sachez que jamais je ne reviendrai à la « maison porte ouverte ». Ça c'était dans une autre vie.

Ce sujet mériterait plusieurs billets!

Accent Grave

Accent Grave a dit…

Zoreilels,

Dans une chanson, Lynda Lemay a su décrire ce genre de situation.

Le titre: LA Visite

Accent Grave

Lise a dit…

Accent,

la chaleur, la maudite chaleur humide qui me fait dégouliner et quasi défaillir. Vivement septembre oui! Comment font ceux qui ont un surplus de poids, des problèmes respiratoires ou cardiaques je l'ignore....

Et les gens se promènent dans des vêtements ultra-moulants (c'est la mode) qui enserrent tendrement les bourrelets, quand ils n'en laissent pas dépasser. Ravissant!

Et les piscines publiques...euh j'ai peur de l'eau, et moitié chlore moitié pipi ça n'a rien de tentant; piscine ou "piss in"?

J'ai lu tous les commentaires et ceux de Zoreilles m'ont fait sourire; la visite, trop c'est comme pas assez j'imagine. Et la chanson de Lynda Lemay j'y ai pensé aussi "ça coupe les films en plein milieu, ça prend le divan le plus moelleux, et quand ça finit par partir ça vous promet qu'ça va r'venir...et ça revient!"

Ceci dit je suis la traversée à vélo du Canada de Gaétan qui pédale. J'admire, absolument! Cet homme sera en forme physique exceptionnelle jusqu'à l'âge de cent ans! Quand je pense que mes genoux souffrent le martyre (arthrose) à monter un escalier j'ai honte...

Bonne fin de semaine cher Accent!

:)

Accent Grave a dit…

Chère Lise,

Les gros dont les bourrelets tentent de fuir ces vêtements trop serrés disent aimer l'été et la chaleur, tout en essuyant quelques gouttes de sueur! S'agirait-il d'une forme de conditionnement?

J'aime beaucoup le terme « piss-in »! Jamais entendu.

Au sujet de la visite, j'ai bien ri. Je sais que je me répète mais voilà un sujet de choix sauf que je ne suis pas expert en la matière.

Il y a longtemps, mon grand-père qui accueillait bien des gens, accompagnait les visisteurs jusqu'à leur voiture quand ils partaient, été comme hiver. Les gens disaient « pas nécessaire Émile » et il répondait: « j'veux être certain que vous r'viendrez pas par la porte arrière ». C'était une blague, quoi que...

Mais là Lise, faut profiter du mois d'août car il constitue notre printemps à nous, il annonce la belle période!

Je vous souhaite un excellent mois d'août!

Accent Grave

Jackss a dit…

Je réalise à vous lire toute la chance qu'on a ici, sur la Côte-Nord. La chaleur, on connait pas. Les journées les pus chaudes ont frôlé les 22 degrés et heureusement, sans humidité.

Il faut cherche le bonheur où il se trouve... sans nécessairement attendre l'automne. :-)

J'aime bien la Côte-Nord, mais je suis impressionné par tout ce qu'un citoyen de la Côte, Gaétan, a pu admirer cet été. Il mériterait un accueil triomphale à son retour.

Accent Grave a dit…

En effet, je devrais vivre en région, dans votre coin de pays!

Je me questionne souvent à ce sujet. Ça pourraît être simple mais, on se complique un peu la vie: vivre pas trop loin de nos enfants, pour raison de santé.

À chaque fois que je vais passer quelques jours en vacances, je me demande quelle serait ma vie en région, ce que je ferais.

Chose certaine, je seras au frais!

Accent Grave

seb haton a dit…

Cet été, j'ai vu toute ma famille : tout le monde est en bonne santé, même X, qui va beaucoup mieux depuis qu'on l'a soignée.

Notre orme du village est mort à 417 ans.

Un ami perdu de vue a donné de ses nouvelles.

Il s'est passé plein de choses et on en a parlé dans ma chaumière... Quant aux gesticulations du monde économico-politique, des fois j'ai envie de dire que je m'en *bip*... mais je suis trop poli pour cela.
s.h.

Accent Grave a dit…

Seb,

Un orme de 417 ans! S'il avait pu parler! Mais, peut-être vous parlait-il?

Quelqu'un qui réapparait! Ça aussi c'est un événement.

L'été fut tout de même marquant!

Accent Grave

Zoreilles a dit…

Les discussions sont toujours intéressantes ici, à tel point que j'ai tout le temps envie d'y participer!

Donc, ça vous arrive à vous aussi? Vous visitez une région et vous essayez de vous imaginer y vivre? Pareil pour moi. Je fais toujours ça! Je me suis imaginée vivre dans chacune d'elles. Je suis certaine que je pourrais. Mais il y a le travail, les gens qu'on aime et dont nous sommes responsables, qui nous retiennent là où l'on est.

Je fais aussi l'exercice inverse. Quand je reviens chez nous, je m'imagine étant une touriste qui visite pour la première fois l'Abitibi-Témiscamingue. Je ne serais pas épatée du tout... Peut-être qu'il faut connaître plus intimement ma région pour l'aimer... Voir au-delà de ce qui paraît, sortir des sentiers battus...

Et puis? Votre mois d'août? Pas si pire jusqu'à maintenant? Moi, je m'en sors à merveille! ;o)

seb haton a dit…

C'est vrai, j'ai la sensation que le langage des arbres, fort subtil, n'est plus très éloigné de ma compréhension...
Fors le monde qui s'écroule, nos microcosmes respectifs continuent d'exister vaille que vaille :)
s.h.

Accent Grave a dit…

Zoreilles,

Si ça m’arrive? Presque tout le temps. Aussitôt arrivé quelque part, je deviens résident local et je me demande quelle maison j’achèterais, ce que je ferais… etc.

Oui, nos enfants, nos proches font que nous restons là où nous vivons. Il faut vivre quelque part. Je crois tout de même qu’on peut séjourner ailleurs et en faire profiter les nôtres. C’est un autre très vaste sujet auquel je pense souvent.

Les touristes ne seraient pas épatés par l’Abitibi? Les touristes, peut-être mais, les voyageurs eux, seraient profondément touchés. Vous êtes voyageur, vous seriez épatée par l’Abitibi et par tous les autres endroits d’ailleurs. Le voyageur ressent, il sort de son véhicule et hume les parfums locaux, écoute les silences autant que les sons, observe les gens de la place et décèle ce qu’il y a de particulier, d’authentique. Le voyageur recherche les traces de ceux qui ont marqué l’endroit d’une façon ou d’une autre sans qu’on fasse mention d’eux dans les livres d’histoires.

Le voyageur peut explorer d’autres continents ou son propre patelin. C’est la façon de voir qui importe. Quand je vais chez mon voisin, je jette toujours un regard par-dessus la clôture, pour voir ma cour. Vu de chez lui, ma cour n’est pas la même. D’ailleurs, le « domaine » de mon voisin ne ressemble pas du tout à ce que je voyais de chez moi! On parle de perspective. On retrouve un peu de cela lors des grands voyages. C’est une question de perspective.

J’arrête ici, je divague.


Seb,

Sans entretenir de longues conversations avec les arbres, on peut croire qu’ils ne sont pas détachés de nos agissements.

Accent Grave

seb haton a dit…

J'en suis convaincu. Et également que les arbres sont la clé, en partie, de notre avenir hypothétique (bien plus que les indices boursiers fous).
séb h.

Salvadorali a dit…

@ accent grave

merci cher ami blogueur pas avare de sa sueur, pour ce bel et bon discours anti-moutonnier :-)

très touché également par la profondeur et la sincérité des commentaires qu'il a suscités !

je me suis régalé surtout de la charge de ton humour, avec mention particulière pour les piscines mixtes, les dictionnaires scolaires fleurissant précocement dans les librairies et la presse sur papier ciré...

là où je t'ai trouvé un peu vache, c'est au sujet de la visite du prince machinchouette, le mari de Kate Middleton, que j'ai pour ma part trouvé bien sympathique, du haut de son royal discours à la tribune officielle du jour-anniversaire de la fondation du Canada... faut dire qu'en matière de sujétion à la monarchie, toi et moi n'avons certes pas les mêmes dispositions et encore moins la même conviction de ses vertus et de son utilité ;-)

mais comme je suis absolument d'accord avec toi sur la majesté incomparable des arbres, ça équilibre harmonieusement, tu ne trouves pas ?

Accent Grave a dit…

Salvadorali,

Vous comprenez que je ne voue aucune admiration ou sujétion à quelque monarchie que ce soit.

Néanmoins, on me dit qu'un tel système est moins coûteux qu'un système présidentiel. Cela calme un peu ma frustration.

L'idée que des humains soient d'une "hauteur" plus élevée grâce à leur sang est incompatible avec mon américanité.

Cela n'a rien à voir avec le fait qu'un prince ou sa dulcinée puissent être sympathiques.

Accent Grave

Joan Durand a dit…

Juste un petit bonjour en passant, pour vous dire que votre texte m'a bien fait rire. :-)

Accent Grave a dit…

Allo Joan, bienvenue chez moi!

Accent Grave